LES. MODES SOUS LA RESTAURATION. 121Presque toujours des fleurs artificielles s’y voyaient,mais cependant, il faut le dire, en très petite quantité.
La grande préoccupation des élégantes de laRestauration semble avoir été dans la coiffure etprincipalement dans la variation des chapeaux ; de1815 à 1830, on compterait aisément plus de dixmille formes de chapeaux et de bonnets; les jour-naux de mode négligent même la description desrobes et manteaux pour se donner exclusivement àl’art des coiffures, chapeaux de paille d’Italie, ca-potes de peluche de soie, casques de velours à pa-naches, chapeaux de gros de Naples ou de crêpebouillonné, capote de perkale, turbans de mousse-line, toques à la Polonaise, casquettes à l’Autri-chienne, turbans moahites, feutres à la Ouriha, cor-nettes de mousseline blanche, de velours noir bordéde tulle, c’était une confusion à en perdre la têteavant de la coiffer. — Et quels chapeaux ! Qu’on s'efigure des toques déjugés disproportionnées commeélévation, avec d’incroyables auvents semblables auxmaisons fantastiques du moyen âge ; qu’on se rap-pelle les schakos impossibles des fantassins de laGrande Armée et qu’on ajoute à ces meubles pesantsdes capotes non moins élevées que profondes, qu’onsonge en outre à des moules à tourtes du pays deGargantua et l’on aura un vague aperçu de ces coif-fures massives, chargées de rubans, de fleurs, decocardes, de torsades, de bourrelets, de nœuds de
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