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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
La duchesse de Berry avait vainement essayé deporter le sceptre de la mode ; mais elle n’eut jamaisla moindre influence sur les costumes parisiens de laRestauration... et cela se conçoit.
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La littérature et surtout les romans en vogueservirent à trouver des épithètes aux étoffes, auxcouleurs, aux variétés de la mode, ainsi que lespièces à succès, les événements marquants et aussiles animaux exotiques que l’on commençait à ame-ner au Jardin des plantes. Le vicomte d’Arlincourtdevint, grâce à son roman sentimental, le parraindes turbans à l'Ipsiboé; M mo de Duras, par son conteémouvant de Ourika, baptisa, sans s’en douter,robes, bonnets, schalls et presque tous les chiffonsdu moment. On vit des fichus à la Dame blanche,des rubans Trocadero qui évoquaient le souvenir duvoyage du duc d’Angoulême « tra los montes », deschapeaux à l'Emma, des toques à la Marie Stuart,des coiffures à la Sultane, à l'Edith, à la Sévigné,des étoffes Elodie, des cols Atala, sans compter lesnoms extraordinaires que Ton ne craignit pas, pargenre, de donner à certaines nuances d’étoffe vers1825. Nous ne parlons pas des couleurs eau du Nil,roseau, solitaire, graine de réséda, bronze, fumée deNavarin, peau de serpent, brique cuite, jaune va-peur ou lave du Vésuve; mais que dira-t-on desnuances souris effrayée, crapaud amoureux, pucerêveuse et araignée méditant un crime ?