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LES MODES SOUS LA RESTAURATION.
En 1827, le pacha d’Égypte envoya à Charles Xune superbe girafe qui fit l’admiration de tout Paris ;c’était la première qu’on voyait en France ; la modevoulut consacrer cet événement ; en quelques jourstout fut à la girafe, chapeaux, ajustements, cein-tures, coiffures d’hommes et de femmes. C’était lependant des modes au dernier soupir de Jocko quisuivirent le décès d’un chimpanzé qui avait recueillitoutes les sympathies parisiennes, non moins quedernièrement à Londres le célèbre éléphant Jumboauquel des Anglaises excentriques envoyèrent descadeaux : fruits, bonbons, petits fours et jusqu’à desbouquets de fleurs.
La coiffure se modifia plusieurs fois sous la Res-tauration; en 1828, on portait les cheveux nattésdisposés en forme de coques, semblables à des piècesmontées. M. Hippolyte, le coiffeur habile du temps,qui s’intitulait fièrement perruquier de la Cour,s’ingéniait à faire les boucles les plus invraisem-blables, aussi tourmentées que la fameuse signaturede Joseph Prud’homme. Ces paraphes de cheveuxétaient entremêlés de fleurs, de perles, de bijoux encoi’dons; il ne manquait sur le sommet qu’un petitamour en sucre, tremblotant sur son fil d’archal,tant ces édifices singuliers ressemblaient aux chefs-d’œuvre de la confiserie. A défaut d’amour, on pi-quait dans ces merveilles du peigne une variété deplumes frisées « de l’invention de M. Plaisir ».