144 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
tout à fait anacréontique., et les sujets sont pris dans
les vignettes du petit Almanach des Dames.
« Mais déjà le mouchoir et le métier sont bienloin; on fait avancer la calèche, on s’élance sur letrône roulant ; dans cet élan rapide toutes les formessont dessinées ; l’œil attentif aperçoit au haut d’unejambe divine une jarretière historiée et à rébus.
« Entraîné, attiré, étourdi, ébloui, je monteaussi dans la calèche ; on va aux Montagnes Beau-jon,' aux Champs-Elysées, aux Tuileries, au Com-bat des Montagnes, chez Tortoni, au boulevard deGand. Je me perdrai dans le tourbillon sans le belastre qui me conduit et qui m’éclaire. »
Tel est le croquis d’une demi-journée de mon-daine en l’an de grâce 1817.
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Dès le mois d’août 1815, le Boulevard de Gandétait devènu le rendez-vous ordinaire de la classeopulente; il attirait non seulement la foule, mais lacohue la plus impénétrable que l’on puisse imaginer ;on s’y donnait rendez-vous sans pouvoir s’y joindre.Cette partie du boulevard, cette allée, comme on di-sait alors, présentait aux regards des curieux ledouble spectacle de la beauté parée de tous sescharmes et de la coquetterie déployant publiquementjusqu’à ses moindres ressources. La petite-maîtressevenait là pour faire l’essai de sa toilette et montrer