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La française du siècle : modes - moeurs - usages / par Octave Uzanne ; illustrations a l'aquarelle de Albert Lynch ; gravées a l'eau-forte en couleurs par Eugène Gaujean
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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.

Levraud ou des scalopes de saumon ; mais tout celaétait touché par la main dun chef délicat. Les habi-tués de Tortoni se divisaient en deux classes biendistinctes : les boursiers et les fashionables, dontla plupart appartenaient à la race des béotiens. Lespremiers arrivaient sur les dix heures ; ils déjeu-naient légèrement, puis commençaient le jeu avecfureur : Jai quinze cents ! Je les prends fincourant à soixante-cinq quarante. Joffre desCortès à dix et demi!... Qui veut des ducats àsoixante-seize cinquante? Et ainsi, de onze heuresà une heure ; on criait, les paroles se croisaient,lagio allait son train; il se trafiquait aussi à Tortoniune masse énorme de rentes sur parole.

A létage au-dessus, le clan des gants jaunes seréunissait; on ne voyait que bottes pointues gar-nies déperons, fracs anglais, pantalons à guêtres etbadines à la main. On causait chiens, chevaux, voi-tures, sellerie, courses, chasses. Cétait le salon desCentaures.

Vers laprès-midi, centaures et financiers se re-trouvaient parfois, le cigare aux lèvres, sur la balus-trade de bois, en forme de perron, qui séparait lecafé du Boulevard, à lheure de laffluence et deséquipages, quand il semblait de bon ton de citer lenom de toutes les femmes qui descendaient de voi-ture à la porte du glacier-restaurant.

Sur la fin de lété 1816, on se portait, après