ÉLÉGANCES ROMANTIQUES. 161
Elle prendra une écharpe en gaze unie, une ceintureet des bracelets en rubans chinés; sur sa tête ellejettera coquettement un chapeau de paille de rizorné d’un simple bouquet de plumes, et, chaussée debottines en gros de Naples couleur claire, elle des-cendra se blottir dans un brillant équipage pour par-courir la ville et faire quelques visites à diversescoquettes en renom, dont le jour de réception estmarqué sur son petit agenda d’ivoire.
Dans ces visites on parle de toutes choses, ondemande quelle grâce nouvelle la mode va donneraux fleurs et aux rubans, on écoute la lecture dequelque pamphlet du jour ou d’un poème aux vapo-reuses fictions ; on parle peinture, musique ; on dis-cute les doctrines, on médit de son siècle et on faitpasser sur ses lèvres de rose tous les discours d’unmachiavélisme à la mode; cela posément, correcte-ment, en ménageant ses gestes, en faisant valoir lechiffonné de sa jupe, la petitesse de son pied, la finecambrure de sa taille, l’élégance de sa main gantée ;on parle surtout chiffons et théâtres.
« Marquise, avez-vous lu le Bon Ton de cematin? — Non, chère Baronne, et cependant j’y suisabonnée, ainsi qu’à la, Gazette des salons et au Jour-nal des Dames et des Modes... — On y donne unemode nouvelle dont je n’ai encore vu qu’un modèleau thé de mylord S..., qui a pu donner cette des-cription au journaliste?... Figurez-vous, chère belle,