170 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
La mode était venue de se rendre à ces réunions deSaint-Simonistes, soit pour analyser la nouvelledoctrine, soit pour en combattre les principes, soitencore pour jouir de l’entraînement d’une éloquencevraiment remarquable ou apprécier le mérite d’unenouvelle idée présentée dans un cadre brillant. Laplupart des femmes qui se trouvaient là voulaientprincipalement se mettre au courant de la conversa-tion à la mode, et comprendre autant que possiblecomment la communauté pouvait un jour remplacerVhérédité. Tous les sophismes séduisants de la nou-velle religion étaient débités par de jeunes apôtresenthousiastes qui avaient des succès d’homme etd’orateur à la fois. Les rites saint-simoniens n’ex-cluaient pas du reste la coquetterie ni la grâce, à enjuger par la rare élégance des plus fougueuses sec-tatrices qui composaient ce nouvel aréopage. Onretrouvait tout ce qu’Herbaut, Victorine, Palmyreet M m0 Minette, les hautes réputations à la mode, fai-saient de mieux en coiffures, robes et rubans.Comme pour ces réunions les manteaux étaient em-barrassants, ces dames avaient adopté de préférencedes douillettes en satin gros d’hiver ou des robesguimpes en velours avec kachemires et boas.
A la Chambre des députés, c’était un contrastepiquant que celui de tant de physionomies gra-cieuses et de tournures élégantes réunies dans uneenceinte où ne s’agitaient que de graves questions et