ÉLÉGANCES ROMANTIQUES. 183
des plaisirs, la reine des fêtes de la Cour, la du-chesse de Berry, enfin, présidait aux pompeux qua-drilles. Sa présence joyeuse, animée, chassait l’éti-quette, chiffonnait les cravates diplomatiques,amenait de force le sourire sur des physionomiesjusqu’alors impassibles. Cédant à cette entraînanteimpulsion, la courti'sanesque multitude jetait bassa morgue et s’essoufflait à suivre la duchesse. Heu-reux alors les obscurs jeunes gens qui, bravant lerisque de revenir à pied ou de ne pas revenir dutout, avaient osé tenter la concurrence de cette finde bal avec les gardes du corps ; quelles belles his-toires à raconter le lendemain ! quel plaisir de cher-cher et de deviner dans l’Almanach Royal le nomet la demeure de leurs danseuses inconnues ! »
Nous ne parlerons que pour mémoire des balsdu Ranelagh, d’Auteuil, de Bellevue, de Sceaux etdu bal de la Tourelle au bois de Yincennes, où jeunesfemmes, jeunes filles, personnages grisonnants, ado-lescents glabres, célibataires hirsutes, de toutesclasses et de tout rang, dansaient pêle-mêle, par unbesoin instinctif ou bien plutôt pour faire commetout le monde, à la façon des moutons de Panurge.
La grande et incomparable journée des coquettes,des élégantes et des mondaines, c’était Longchamps.Longchamps avec ses triples files de voitures bor-