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La française du siècle : modes - moeurs - usages / par Octave Uzanne ; illustrations a l'aquarelle de Albert Lynch ; gravées a l'eau-forte en couleurs par Eugène Gaujean
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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.

nous parle encore aujourd’hui comme des typesmême de la grâce, de la gaieté et du désintéresse-ment le plus pur, et qui, en définitive, ne valaientguère mieux que les petites Musettes de ce jour.

Maintenant, si l’on montait en coucou sur laplace de la Concorde par quelque beau soir d’été, onarrivait au parc de Saint-Cloud où l’on trouvait unbal qui pouvait hardiment défier tous les autres.« Nulle part, écrivait Auguste Luchet — dans leNouveau tableau de Paris au xix° siècle , — vousn’eussiez trouvé tant de richesse et d’élégance. Ceque la cour et les ambassades, ce que les châteauxet les maisons de plaisance de la magnifique valléepossédaient de jolies femmes et de fashionables cava-liers, s’y donnait rendez-vous fidèle entre neuf etdix heures du soir. C’était un parfum de noblessequi se répandait au loin ; c’était une foule imposanteet hautaine, en dépit de ses efforts pour paraîtreaimable et douce, pour n’effrayer personne et semettre obligeamment à la portée de tout le monde.Quand la dernière voiture publique était partie,quand il n’y avait plus à craindre de trop déroger,de se mésallier monstrueusement, la noble foules’ébranlait alors et dansait comme une bourgeoise,sur la terre dure, sous un toit de marronniers, éclairépar des quinquets rouges, au son d’une musique deguinguette. Une femme, connue seulement alorspour la plus aimable des femmes ; une femme, l’âme