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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
femmes singulières qui montraient toutes les au-daces, toutes les excentricités imaginables : le pre-mier, avec sa fameuse chanson : Avez-vous vu dansBarcelone... C’est ma maîtresse, ma lionne..., bap-tisa cette multitude de petites créatures farouches,fougueuses, indomptées, que la réaction romantiqueavait créées ; la seconde, par ses romans de révoltée,tels que Valentine, Indiana, Lèlia et autres, mit aucœur de toutes les prétendues victimes de l’amourdes idées de revendication, d’indépendance, de viri-lité, qui ne masculinisèrent que trop ces jolis dé-mons en jupon. — La Lionne fut ainsi la prédéces-serice de la Vésuvienne, qui joua dans la Républiquedes femmes, quelques années plus tard, un rôled’anandryne anarchiste des plus curieux à étudieret dont voici un couplet du Chant du départ :
Vèsuviennes, marchons, et du joug qui nous pèseHardiment affranchissons-nous !
Faisons ce qu’on n’osa faire en quatre-vingt-treize,
Par un décret tout neuf supprimons nos époux !
Qu’une vengeance sans pareilleSoit la leçon du genre humain.
Frappons ; que les coqs de la veilleSoient les chapons du lendemain.
La femme de 1830 avait été comme une sensitivesentimentale; son imagination, exaltée par les ro-mans de Walter Scott et les poèmes de lord Byron,ne rêvait que dévouement, sacrifices, douleurs, ten-