196 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
en l’honneur de ses favoris. Elle allia très aisémentle sport, le turf, le plaisir èt l’élégance et fît sa lec-ture du Journal des Haras, du Journal des Chas-seurs et du Petit Courrier des dames. Elle comprittous les luxes, toutes les délicatesses et le confor-table de l’intérieur; -— demandons plutôt à EugèneGuinot de nous introduire dans l’antre d’une lionne :
« Nous voici dans un petit hôtel nouvellementbâti à l’extrémité de la Chaussée-d’Antin. Quellecharmante habitation! — ; Admirez l’élégance de ceperron, la noblesse de ce péristyle, le choix de cesfleurs, la verdure de ces arbustes exotiques, la grâcede ces statues. Peu de lionnes ont une plus bellecage... mais, hâtons-nous, l’hôtesse vient de se ré-veiller : elle sonne sa femme de chambre qui l’aidedans sa première toilette du matin. Son appartementmérite une description : il se compose de quatrepièces décorées dans le style du moyen âge. Lachambre à coucher est tendue en damas bleu etmeublée d’un lit à baldaquin, d’un prie-Dieu, de sixfauteuils et de deux magnifiques bahuts, le tout enbois d’ébène admirablement sculpté; des glaces deVenise, un lustre et des candélabres en cuivre doré,des vases et des coupes d’argent ciselé avec un artinfini et deux tableaux, une Judith de Paul Véro-nése et une Diane chasseresse d’André del Sartocomplètent cet ameublement. Le salon est surchargéd’ornements, de meubles, de peintures de toutes