i 9 8 la française du siècle.
tout en restant moins dans la couleur locale. Lematin, au lever, elle pose sur sa tête un bonnet debatiste à petites bardes, bordé d’une Valenciennesbadinant tout autour; pour vêtement, une robe dechambre en kachemire de nuance claire avec corsagemontant et dos en éventail. Cette robe, fermée dehaut en bas à l’aide de petits brandebourgs, mancheslarges à la Vénitienne, très ouvertes de l’orifice; endessous, la coquette laisse voir une chemise ama-zone avec collet à l’anglaise, à petits plissés formantjabot sur le devant; aux pieds, elle traîne à plaisirdes nonchalantes brodées en soutaches éclatantes.
C’est ainsi qu’elle reçoit le matin ses gens, sesgrooms, son valet de pied, son sellier, ses coutu-rières et ses modistes. Avec un petit air garçonnier,elle traite de toutes choses comme un gentleman,s’informe de ses chevaux, vérifie les mémoires deson armurier, de sa lingère, de son tailleur, de samarchande de modes et de son bottier; elle établitle compte de Verdier, de Humann, de Gagelin, deLassalle ou de Salmon ;.elle donne quelques instantsà son fleuriste, puis passe dans son boudoir pour selivrer à un second négligé quelque peu rehaussépour ses amies qui la viendront visiter.
Le bonnet, cette fois, sera très petit, composéd’un aunage de dentelles gothiques, deux papillonss’arrondissant au niveau des joues et que séparentdes coques de ruban de gaze. La mode des bonnets