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La française du siècle : modes - moeurs - usages / par Octave Uzanne ; illustrations a l'aquarelle de Albert Lynch ; gravées a l'eau-forte en couleurs par Eugène Gaujean
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LIONNES ET FASHIONABLES. 159

est alors universelle ; on en fait de toutes formes ; ilss’adaptent à toutes les toilettes, à toutes les cir-constances. Elle se fait passer un peignoir à jupeouverte, en tissu foulard d’un nouveau genre, aussiremarquable par sa force et sa souplesse que par lafranchise de ses nuances ; le dos en est froncé, onvoit des plis dans l’épaulette et dans la ceinture, quiest fermée à l’aide d’une boucle d’or. En dessous, unejupe en pékin, de côté à trois volants festonnés ; auxmains des mitaines lacées en moire. La Lionne re-çoit alors ses amies, et l’on se met à table, pendantque messieurs les maris déjeunent au café de Paris.Le repas est copieux et solide ; nos fashionables ontles dents longues : les huîtres, le chapon truffé, lesentremets disparaissent comme de simples baga-telles; il faut soutenir l’honneur du nom, montrer unappétit léonin et se donner des forces et du montantpour supporter les fatigues du jour. Les griffes nerestent pas en place, d’autre part, et le prochain estlégèrement lacéré dans ces conversations que nousécouterons avec l’oreille du physiologiste Guinot :

« Que dit-on de nouveau? — Peu de chose, nesommes-nous pas dans la morte saison du scandale !— Avez-vous lu le dernier roman de Balzac? — Jene lis jamais de roman. — Ni moi. — Ni moi. — Nimoi. — Le vicomte de L... a donc vendu son chevalgris? — Non, il l’a perdu à la bouillotte, et c’est làle plus grand bonheur qui lui soit arrivé au jeu !