LIONNES ET FASHIONABLES. 203
Voilà notre lionne et ses amies à Tivoli ; elle des-cend de sa Clarence ou de son américaine, relèveson amazone sur le bras et entre d’un pas délibérédans l’enceinte du tir aux pigeons, au milieu d’uneassemblée de dandys et de sportsmen auxquels elledistribue des bonjours virils et des poignées de mainsénergiques et cordiales, à la manière anglaise. Elleréclame une carabine, l’ajuste avec aisance et, tan-dis que son tigre en tient une seconde à sa dispo-sition, elle abat un pigeon, puis deux, puis dix,puis vingt sur trente coups déchargés, fière de sonsuccès et des murmures approbateurs qu’elle entendbruire autour d’elle. On remonte en carrosse; à laporte du Bois, on enfourche des chevaux fringants,on enlève ses bêtes de la cravache et de l’éperonet on arrive au galop, bien en selle, avec uneassiette remarquable, sur le terrain des courses,au pesage, où l’on s’engage dans mille paris pourMariette ou Lèporello, après des discussions sa-vantes sur le degré d’entraînement et la performancedes favoris.
Les courses ne sont pas terminées que déjà lalionne galope de nouveau et revient à Paris, soitpour y assister à quelque séance d’escrime, — oùelle fournira bravement son assaut, en faisant remar-quer la finesse et la fermeté de son jeu, — soit pourse rendre à quelque établissement nautique, piquerune tête du haut de la girafe et montrer sa science