2o6 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
voure mieux le café, que sur ces divans profondsla conversation soit plus à l’aise, que ces groupes defaïence qui supportent les bougies, que ces brûle-parfums disposés sur des trépieds font la vie plusdouce, plus reposante et aident en quelque sorte autravail de la digestion.
Tout ce luxe caressant, cette enveloppe de tièdebien-être ne suffisent point pour maintenir la Lionnedans sa cage; elle conduit sa société à l’Opéra, danssa loge, entendre un acte ou deux du Comte Ory.A son entrée, toutes les lorgnettes se braquent surelle; il y a comme un remous de têtes dans l’or-chestre; notre fashionable a fait son effet. Elle posesur le bord de velours de sa loge son éventail de chezDuvelleroy, son bouquet de camélias fourni parConstantin, sa jumelle d’or fin, ses boîtes à pastilles;elle fait entendre un frou-frou de soie et de velours,et, placée confortablement, légèrement renversée enarrière, elle commence, sans s’inquiéter de la scène,à faire l’inspection de la salle et du pourtour desloges. De temps à autre, elle fait un petit signe dis-cret, un geste coquet de la main ou un joli sourirede connaissance ; elle détaille complaisamment lestoilettes, retrouvant ici ou là le talent d ’Alexandrineou de M m3 Séguin, le bon goût de Brousse ou de Pal-myre, le savoir faire de M me Dusse ou la manière an-glaise de M"° Lenormund. Elle remarque beaucoupde représentants de la fashion : lord et lady Gran-