LIONNES ET FAS H ION AB LES. 207
ville, la princesse de Beauffremont, M mcs Duchâtel elRambuteau, la princesse Clémentine, M me de Plai-sance, M mo Lehon, M mc Aguado, M“° Le Marrois, lacomtesse d’Osmont, etc. Les femmes et les dia-mants étincellent à chaque loge, c’est là qu’est pourelle le spectacle; que ce soient la Damoreau, Duprezou Roger qui se montrent en scène, peu lui importe !toute son attention est accaparée par la compositionde certaines loges ; elle essaye de deviner des intri-gues, de compléter des anecdotes courantes, de créerdes aventures galantes. De temps à autre elle se ren-verse sur le dossier de son siège, demandant à l’unede ses compagnes : Connaissez-vous la personnequi est avec M m ° X...? — Comment! M m ° de Z...,toujours avec le petit Rubempré ? Ou bien encore :Oh ! ma chère , cela est inconcevable, voyez un peucette vieille marquise de C... qui minaude scanda-leusement avec ce jeune blanc-bec..., elle ni attenddonc pas quils soient formés.
La Lionne reste peu à l’Opéra; elle compte ache-ver la soirée au faubourg Saint-Germain ou à laChaussée d’Antin dans un bal ou un thé intime;elle mettra quelques louis à la bouillotte, dévaliseraun buffet ou lunchera copieusement, et, vers deuxheures du matin, elle regagnera son hôtel et se cou-chera sans avoir trouvé une heure pour penser, pourrêver ou pour aimer. — Toutes ses journées se res-sembleront ; le lendemain, elle reprendra le même