LA VIE MONDAINE EN 1850. 215
ce manteau était du meilleur goût et trahissait unemain maîtresse ; l’avantage de cette simplicité dansle beau était d’être toujours convenable. Cachée parun tel manteau, une femme pouvait aller chez sesriches et chez ses pauvres. Cette élégance hypocrite,à luxe faux, ne pouvait choquer que les envieuxconnaisseurs; ce manteau était un véritable manteaud’héroïne de roman ; il n’était pas couleur de mu-raille, mais il conservait comme un suave parfum dedistinction et d’incognito.
L’Ecole tapageuse trouvait chez les mêmes tail-leuses d’autres vêtements qui convenaient à sesentreprises ; c’était encore un petit manteau, maisgarni de soixante-dix mètres de dentelles, et qui neconvenait qu’aux jours de triomphe où l’on mettaitdehors toutes les voiles d’une coquetterie huppée.
La secte des mystérieuses, d’après DelphineGay, avait des prétentions artistes et choisissaitpour ses modèles les peintres les plus célèbres.« Ainsi, dit le spirituel auteur des Lettres pari-siennes, cette noble et sévère coiffure qu’on a tantadmirée à la dernière réception des ambassadeurs,ce charmant chapeau en velours grenat, orné deplumes blanches que portait M me l’ambassadriced’Angleterre, était copié d’après un portrait de Ru-bens. Tout le monde parlait aussi de la belle coiffurede M rao de M..., un voile léger drapé gracieusementau sommet de la tête, — Ghacuix disait ; Que c’est de