214 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
rer les regards et à les éblouir, la seconde n’avaitpour but que de captiver et d 'intriguer l’attention.—- On reconnaissait les tapageuses à leur maintienorgueilleusement évaporé : elles portaient leursplumes en panache et leurs diamants en diadème;les mystérieuses se devinaient à leur attitude noble-ment réservée : elles portaient leurs plumes en saulepleureur et leurs diamants en cache-peigne, étouffésentre deux nattes de cheveux, ou bien en longueschaînes tombantes, perdues entre les plis delà robe.Les unes voulaient produire de l’effet franchement,impudemment ; les autres semblaient rechercherl’obscurité pour qu’on vînt les y chercher. — Le rôledes premières était peu compliqué : il consistait àchoisir des choses extraordinaires que personne neportât ; le jeu des secondes était plus diffîcuîtueuxet réclamait plus de tact : il s’agissait de porter ce quepersonne n’avait osé porter et de paraître néanmoinsaussi simples de mise que la généralité des femmes.
Quelques couturières avaient trouvé le secret decontenter également ces ambitions contraires etd’unir ces autorités rivales dans un commun patro-nage. L’École mystérieuse trouvait chez ces damesle vêtement frileux et pudique qui seyait à son ca-ractère ; c’était parfois un petit manteau de veloursnoir, bordé d’une passementerie modeste; mais cevelours était magnifique, cette modeste passemen-terie montrait un travail prodigieux et la coupe de