LA VIE MONDAINE EN 1850. 217
ment. C’était parfois bizarre, audacieux, mais tou-jours joli. C’est une de ces couturières qui fit pourle mariage de la reine d’Espagne une robe de noce,ornée de douze couronnes, représentant les douzeProvinces des Espagnes. Palmyre vivait encore deréputation, et plusieurs élégantes professaient lerespect de son art et de son style. Tapageuses etMystérieuses étudiaient â son école, mais la reinedes couturières de 1830 ne régnait plus de fait, ils’était formé â sa suite, et â son exemple, unequantité de maisons rivales qui remplissaient lesjournaux de modes de leurs réclames et de leurs ex-ploits. On citait partout M 110 Fétide, M m0 Baudrant,M m ° Quillet, toutes expertes héritières de l’Empireflorissant de Palmyre et d’Alexandrine.
La société parisienne fut livrée en 1850 auxplaisirs, aux bals, aux réceptions et aux théâtresavec tant d’entraînement qu’on n’aurait pu supposerqu’une révolution venait de changer radicalement laforme du gouvernement. On n’entendait parler quede bals et de soirées brillantes : bals chez le Prési-dent de l’Assemblée, soirées chez le Prince Prési-dent de la République, bals à l’Ambassade turque,bals chez les banquiers, bals dans le faubourg Saint-Germain, bals à l’IIôtel de Ville, bals au profit despauvres, sans compter les bals d’actrices qui étaient