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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,chant plus ou moins sur les pas de la mode. Carna-vale n’était pas un dilettante ordinaire ; ses costumesvariaient selon le temps, selon la couleur de son es-prit et suivant les représentations du Théâtre-Ita-lien. Il portait un habit jaune serin les jours où onjouait II Barbiere, une jaquette vert pomme le jourde Tancredi, une redingote rouge les jours de Semi~ramide et bleu ciel les jours de Lucia. Il se mon-trait avec des rubans au cou, des ceintures flot-tantes, des fleurs et des plumes au chapeau, le toutpar pur esprit de dilettantisme.
Carnavale, l’ami de la Malibran, de M. Lafitte,de Bellini et de Napoléon III, cessa d’égayer la vuedes habitués du Théâtre-Italien et de la Bibliothèquenationale. Il s’éteignit comme une lanterne multico-lore, comme un dernier reflet du romantisme. —A dater de 1850 le siècle semble, hélas ! définitive-ment voué au gris.