LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,des jeux et de la danse eurent soudain une vogueconsidérable. ASpa, à Baden-Baden, on vit s’asseoirautour des tapis verts et de la roulette les filles dudemi-monde et les dames de bon ton qui ne crai-gnaient pas d’imprimer à leurs quartiers de noblesseun vertigineux balancé au pays du cancan.
La même époque vit naître à la fois la cocotteet la cocodette ; celle-là, hétaïre vénale, qui emplis-sait Paris et les villes de joie des fracas de son élé-gance criarde et de ses extravagances ; celle-ci, mon-daine blasée, qui, affectant les allures de la Phrynémoderne, arborait le chignon désordonné, le rougecarotte ou queue de vache de la chevelure, le fard,le clinquant des parures, le jargon et l’allure canail-lelte des filles de marbre et des biches en renom.
Le petit crevé , ce vibrion d’une société faisan-dée, est de même génération spontanée. C’est lerègne de l’inélégance et du mauvais goût qui s’im-planta en France durant les dix dernières annéesde l’Empire. Jamais, dans le courant du xix e siècle,on n’aura vu pareil défi porté au Beau, au Coquet, àla Grâce. Ces effroyables crinolines qui ballonnaientla femme dans un grotesque aunage d’étoffes, cesdemi-manches larges, disgracieuses, ces cheveluresde sauvagesses, à peine dissimulées sous des toquetsde velours ou des chapeaux aux brides folles, lalaideur même des étoffes et leurs nuances hurlantes,leurs bariolages, leurs passementeries, tout cela vu