LES PARISIENNES DU SECOND EMPIRE. 235Consulat qu’aux paniers du règne de Louis XVI,lorsque, dans la seconde période du règne de Napo-léon III, l’affreuse crinoline parut ou plutôt s’accen-tua, au grand étonnement de toutes les Françaisesqui sentaient le ridicule de cette mode incroyable.
« D’incessantes critiques attaquèrent la crino-line, raconte M. A. Challamel dans son Histoire dela mode; on trouvait qu’il y avait bien d’autresmoyens de soutenir les vêlants. Ne pouvait-on pasadopter des jupons empesés, des jupons à volants,des jupons à trois étages, en gros calicot? — Lecrin n’avait pas seul la vertu souveraine pour gonflerles habillements.
« Malgré ses ennemis, ou à cause de ses ennemispeut-être, la crinoline ne tarda pas à régner en maî-tresse absolue. Nombre de femmes, après avoir dé-blatéré contre les horribles crinolines, acceptèrentles jupons empesés, les jupons à volants, plus gra-cieux que le crin, mais encore très embarrassants;l’essentiel était d’augmenter la corpulence, de mas-quer la maigreur, et surtout de suivre le courant desidées reçues. — Quelques vraies élégantes inventè-rent un jupon baleiné qui ressemblait assez à uneruche d’abeilles, toute l’ampleur se pavanait surles hanches ; le reste tombait droit. D’autres préfé-rèrent les cerceaux arrangés comme des cercles detonneaux ; les plus modestes firent doubler leurs vo-lants de grosse mousseline roide, leurs ourlets de