LES PARISIENNES DU SECOND EMPIRE. 245naître les modes discrètes, les nuances vanille,ambre, ècrues, olive , répudiant le cramoisi, le vertPompadour, le rouge Solfèrino; mais la Parisiennequintessenciée dont nous parlons n’était pas tou-jours Dame de la Cour ni femme de Financier; ellerégnait plus encore sur l’aristocratie innée du goûtque sur l’aristocratie nobiliaire.
Vers la lin du règne impérial la crinoline dispa-rut enfin entièrement; les femmes se dégonflèrent etrevinrent aux robes collantes et au respect de la na-ture; les jupes à la chinoise furent, pour ainsi dire,la dernière expression marquante de cette maladiede la mode qui faillit porter atteinte à l’indestruc-tible réputation de bon goût des femmes de France.
Le monde élégant, le monde de loisir semblaitavoir peine à regagner ses quartiers d’hiver, tantétaient joyeuses les réunions dans les châteaux. Onchassait encore en décembre et les abois des meutesfaisaient retentir longtemps les grandes futaies deleur sauvage harmonie. Partout éclatait le son destrompes. A Compiègne, à Fontainebleau, à Chan-tilly, à Gros-Bois; en Touraine, en Normandie, enNivernais, de l’est à l’ouest et du nord au midi, cen’étaient que curées froides ou chaudes ; les grandsveneurs étaient sur les dents.
On reculait le moment de l’hivernage pour mieux