264
LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
Balzac, de Soulié, les poésies d’Alfred de Musset,de Lamartine et de Victor Hugo avaient impriméun pli spécial aux caractères des jeunes femmes dela dernière génération ; toutes étaient avides d’hom-mages et de célébrité. « Hardiesse dépensée, élé-gance un peu cavalière, peu de politesse, même avecle meilleur air; des nerfs sans vapeurs, une sensibi-lité susceptible d’émotions profondes, mais seule-ment pour des causes positives et surtout pour desquestions d’intérêt : tels sont, écrivait, en fin obser-vateur, le D r Véron, les traits distinctifs des femmesplus ou moins politiques, plus ou moins à la modesous le règne de Louis-Philippe. »
« Dès ce moment, dit l’auteur des Mémoiresd’un bourgeois de Paris, on eut le règne du fau-bourg Saint-Honoré, du faubourg Saint-Germain, etbientôt l’avènement de la place Saint-Georges. Cha-que quartier de Paris affichait, en effet, des mœursdifférentes, dont le contraste ne pouvait en aucunefaçon se calculer, s’apprécier d’après les distances.On vit alors apparaître, aspirant à la célébrité frivoleet passagère de la mode, de jeunes femmes, ayantdu charme sans doute, de l’élégance toujours, maisune élégance plus constamment riche et recherchée,un certain esprit, mais revenu aux choses positiveset que le vaporeux n’enivrait plus ; une précision debut et de volonté, qui se suivait sans effort au mi-lieu des plus diverses et des plus brillantes dissipa-