LES CONTEMPORAINES. 265
lions. Dans ce monde d’alors, la fortune tenait unegrande place, comme toujours, mais une placecertainement plus comptée et plus marquée; onprenait du plaisir à faire montre de richesses, soitpar de coûteuses parures, soit par une recherched’équipages soigneusement attelés, soit par un luxed’ameublement, n’excluant ni les arts ni la hautecuriosité. On ne saurait récuser ni méconnaître cestraits distinctifs des femmes à la mode sous la mo-narchie de Juillet ; il suffirait de citer quelques noms,si on osait se le permettre, pour personnifier et pourillustrer ces études légères. »
Sous le second Empire, la femme française ne fitqu’accentuer les tendances que l’on vient d’exposer,tout en perdant encore beaucoup de sa politesse etquelque peu de sa grâce discrète. — A cette époqueon eut la grande tristesse de voir se produire la con-fusion des mondes; les courtisanes, les célébrités àhuit ressorts qui s’étaient tenues jusqu’alors dans lapénombre sociale, commencèrent à s’afficher enpleine lumière. Elles ne se dissimulaient plus main-tenant dans des loges grillées ou des coupés bienclos ; elles gagnaient peu à peu le haut du trottoir,chaque jour plus hardies, plus désireuses de tenirleur place au soleil. Le demi-monde fut créé ; lapresse encouragea les déclassées, parla de leurbeauté, de leur charme, de leur esprit naturel, vantale bon goût et l’excentricité de leurs toilettes ; il fut