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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
intime des choses frileuses et délicates ; la plupart,tout en affichant par mode des vices qu’elles n’ontpas, des extravagances superficielles et contraintes,demeurent, en secret, des incomprises, des révoltéescontre la cuistrerie envahissante, des attristées decette existence pour elles si banale, si vide, si creuseet si désespérante.
Après la cruelle guerre de 1870-71, le rire s’estéteint en France bien qu’on ait tenté en littératureet en art de faire revivre le vieil esprit gaulois, lesgrivoiseries d’un autre âge, les contes gras et leshistoriettes gaillardes. En dépit de toutes ces titilla-tions de la rate et du cerveau, le rire n’éclata plusfranchement, dans notre pays, avec sa sonorité declairon, avec sa stridence de chant gallique; le rirefrançais n’est plus, hélas ! qu’un sourire pâle deconvalescent, un sourire nerveux, bienveillant, su-perficiel, attristé, presque exsangue ; la gaieté n’estplus dans l’âme de la nation, le pays boude et sedésespère comme un joueur battu, blessé dans sonorgueil et dans une rare confiance en son étoile.
A nos mondaines, il ne reste plus que cet art dela coquetterie, que ces recherches de l’habillementqui sont comme des temps de repos dans leur ennuilatent. Tapies dans leur intérieur, elles s’efforcentde peupler leur solitude de bibelots gais et écla-tants, de coloris, qui mettent des notes claires etfraîches dans la monotonie grise de leurs journées.