LES CONTEMPORAINES.
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acception de suprême politesse, n’existait plus ; lesréunions de sociétés se firent rares, les salons sedépeuplèrent; le faubourg Saint-Germain cessa d’at-tirer toutes les aristocraties d’autrefois; seuls, lesintérêts, les ambitions, le plaisir se rencontrèrentsous les mêmes lambris et donnèrent un faux sem-blant de vie à l’ancienne société française. Nos gou-vernants, renouvelant la question de Louis XIV quisouvent demandait à propos d’une solution com-plexe : Quen pense Ninon? pouvaient interroger àleur tour sur mille et un sujets : Quel peut bien êtrele sentiment de ces Dames ?
Nos contemporaines sont, il faut bien le dire, lesvictimes de cet état social contre lequel elles ne peu-vent s’insurger; livrées à elles-mêmes, habituées àtoutes les confusions des classes, des rangs et desmœurs, forcées à l’indulgence, aux compromis dedignité et de conscience, elles subissent la moralecourante qui les entraîne parfois plus loin qu’ellesne voudraient aller ; leur vie est par là même désor-bitée, déséquilibrée, sans centre, ni pondération;elles tombent, en conséquence, aux extrêmes dans lemeilleur ou dans le pire. Les femmes de ce joursentent qu’il n’est plus de bon goût, comme sous laRestauration, de cacher ses péchés, de voiler sonâme et d’abriter ses sentiments dans le nid tendre et