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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,perpétuel, comme une sensation très alambiquée, trèscomplexe de griserie morale, profonde et malsaine,et subissant presque une impulsion d’activité qui lessort d’elles-mêmes et de l’alanguissement qui lestrouble et les épeure chaque jour de plus en plus.
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Les modes modernes tiennent essentiellement àcet esprit inquiet, chercheur et artiste de nos con-temporaines; la toilette demande aujourd’hui à l’artses meilleures créations et quelques-unes de nosmodes ne sont que simples copies de tableaux demaîtres. On s’occupe de toutes parts de l’art de lafemme; tout ce qui peut concourir à sa grâce, à labeauté de ses formes, aux charmes de son visage,est étudié avec des soins minutieux. Depuis dix ans,les vieux dessins, les vieilles étoffes, les anciennesdentelles et guipures, les vieux points qui firent lacélébrité de certaines contrées sont généralementremis en honneur. — On prend partout selon sonbon goût et le caractère de sa physionomie; dansune même réunion, on verra un camail régence àcôté d’un justaucorps lacé à la Marguerite de Faust,un corsage inspiré de la Restauration non loin d’unejupe tombant droite à la manière des toilettes dupremier Empire. On vit du passé et du cosmopoli-tisme à la fois; on recherche les gravures de modes,on s’en inspire, on les confond, on les unit, et sou-