LES CONTEMPORAINES. 271
vent, de dix toilettes dissemblables, conçues à desintervalles de vingt ans, on créé un type de costumeoriginal, charmant, d’un goût ravissant. Les coutu-riers et couturières parisiens, les Worth, les Lafer-rière, les Pinga, les Félix, les Rodrigues et aussiles soeurs Duluc, ces admirables artistes en robes eten manteaux, font revivre dans des toilettes inimi-tables l’histoire de France tout entière. — La modeexiste-t-elle encore avec de tels créateurs fantai-sistes ? — On pourrait croire le contraire ; la Modedes modes tend de plus en plus à faire son appari-tion ; ce nouvel usage inaugurera un uniforme géné-ral pour les gens affairés, hâtifs et sans goût ; pour lesprofanes qui s’achalandent aux confections , commed’autres se restaurent au bouillon Duval, tandis qu’ilfera naître une diversité de costumes bizarres sansexpressions ni caractère absolument, définis ; sanscohésion d’ensemble, mais originaux individuelle-ment et que rechercheront toujours les véritablesélégantes qui tiennent encore à la personnalité et aucachet distinctif.
Il est facile de voir que, depuis quinze ans, lesfemmes du haut monde se soustraient de plus enplus à l’influence tyrannique d’une mode régnante ;toutes vont de l’avant ; la foule suit, mais l’élite nesubit que son inspiration et ne relève que d’elle-même ou des couturiers créateurs. La simplicitéseule domine partout aujourd’hui et reste la marque