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le plus beau, celui qui lui parut le mieux travaillé; il était éclatant d’or etbrillant comme le soleil.
C’est donc véritablement sans transition d’aucune sorte que l’on passe dela misère primitive, indiquée dans la Genèse par un trait puissant, y demeurantcomme la tradition vivante d’un frisson ineffaçable dans le souvenir deshommes anciens, non seulement à des industries perfectionnées, mais au luxe,et au grand luxe.
Des bégaiements de ces industries, de l’ingéniosité des travaux auxquelsl’homme dut se livrer, de l’expérience qu’il lui fallut acquérir pour se procurerles tissus et les feutrages propres à remplacer les vêtements de peaux dontil lui avait fallu d’abord user, de ces efforts collectifs, rien ne parle en ceslivres-là. Comment le misérable, troglodyte pour sa sécurité en face desmonstres paléontologiques encore existants, barbare entouré de barbares de sonespèce, et sachant de suite, ainsi que le dit l’épouvante de Robinson Crusoé,que de toutes les espèces féroces la sienne est la plus dangereuse, comment cechasseur, absorbé par la poursuite constante de sa nourriture, a-t-il trouvé desloisirs pour se livrer à des travaux manuels en leur faisant suivre une voieprogressive, qui le saura jamais? S’imagine-t-on, par exemple, quel dut êtrel’heureux émoi de ceux à qui l’artisan du premier peigne vint montrerun objet si nécessaire, et sans lequel la chevelure humaine, loin d’être uneparure, ne pouvait guère donner lieu qu’à la souffrance? Quel drame dansce mystère insondable, d’ailleurs merveilleux par les résultats partout oùl’homme a su s’organiser et vivre en société !
Les Grecs, ne tenant aucun compte de leurs aînés, se donnaient commeayant tout inventé, et, avec leur mythologie asiatique, ils s’en sont délivré lebrevet. Cela était commode et coupait court aux questions de haute rétroac-tivité. Nous apprenons maintenant de quelle autre profondeur sont lessolidarités humaines, et de quelle réalité sont les liens qui nous rattachent àceux qui ont été nos premiers prédécesseurs, comme se rattacheront à nousceux qui nous succéderont. Il faut voir aujourd’hui ces choses de beaucoupplus haut qu’on en avait l’habitude jadis, et c’est un effort, autrement collectifque celui d’un groupe, qui a fait de l’homme, de ses costumes, de ses toilettes,de ses ornements et de son outillage, en général, ce qu’il se trouve être pré-