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Tome III.
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Quant au service du kaléan, il est non moins actif. Le tabac que l’on consume dans cettepipe est ordinairement le tabac de Chiraz, très-doux et qu’on lave encore trois ou quatre foisavant de s’en servir. Le kaléan doit être essayé ; car il ne faut pas que l’eau de la carafe monteà la bouche du fumeur. C’est ce que fait le domestique qui l’a préparé, en l’allumant avecun tuyau de bois adapté à la place du tuyau élastique à bout de cristal réservé au maître ;ce tuyau de bois est celui qu’on présente aux convives lorsqu’on leur fait la politesse, quine doit jamais être refusée, de les faire fumer les premiers. Les femmes, qui fument aussibeaucoup, s’offrent entre elles le kaléan, après le café, lorsqu’elles se rendent visite. Laservante n° 4 allume la pipe qu’elle offrira à sa maîtresse ou aux invités (1).

Le n° 5 présente l'affaleh, servant à s’humecter le bout des doigts et à se laver la bouche.Le n° 6 offre un rafraîchissement, enfin, le n° 7 apporte une carafe avec de l’eau fraîche.

Des serviteurs masculins remplissent toutes ces mêmes fonctions auprès des invités dumari.

On peut voir par le costume de ces femmes, chargées spécialement du service de Vendèroum,ou habitation réservée des femmes, que les Persanes ne portent point de linge de corps, pro-prement dit : on prend fréquemment des bains chauds ; il y en a dans les villes, même dans lesvillages, à bas prix. Toutes ces servantes ont les doigts des mains et des pieds teints enrouge orangé, avec le henné.

Le n° 8 représente un jeune derviche de Chiraz ; le n° 9, une fiancée turcomane.

L’un et l’autre sont assis selon le cérémonial en usage. Devant un supérieur, on s’assied surles talons, en tenant les genoux et les pieds serrés l’un contre l’autre; devant son gai, ons’assied les jambes croisées en dedans et le corps droit. La pointe des pieds doit toujoursêtre cachée sous la robe ; c’est manquer à la politesse que d’en agir autrement. On salue eninclinant la tête et en portant la main à la bouche, sans jamais lever le turban. On ne s’em-brasse que dans les cas extraordinaires, comme par exemple au retour d’un long voyage.

(1) Le pisch-kkedinet, uniquement destiné à porter, nettoyer et charger le kaléan, suit son maître à cheval enportant toutes les pièces de cette pipe dans des fontes attachées à l’arçon de sa selle, la carafe, les tuyaux, la tête,les pincettes, le tabac, et en outre, une grande bouteille remplie d’eau pour le renouvellement, ainsi qu’un réchauddont le feu est entretenu par de petits morceaux de bois dont on emporte une provision. Ces deux derniers objetssont suspendus à des chaînettes de fer attachées derrière la selle et pendent à droite et à. gauche. ( Documents com •muniqttès par M. le colonel Duhousset. )