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Tome III.
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La plupart de ces joyaux tiennent plus de l’art de l’orfèvre que de celui du bijoutier. Leurqualité saillante, outre le goût avec lequel ils sont combinés, est la sincérité de leur appareil ;jamais l’ouvrier oriental ne recourt au subterfuge d’un aspect trompeur par un artifice de cons-truction. Le choix de la matière première étant fait, sa qualité reconnue, la mise en œuvre enest toujours rationnelle. Le produit sorti des mains de cet artisan sera toujours d’un usagecommode et durable. Sans autre ressource que des combinaisons simples, ses chaînettes aurontdes souplesses de cordonnet, ses anneaux passés les uns dans les autres auront le jeu facile,de manière que l’ensemble dans toutes ses parties sera d’une élasticité parfaite. Le résultat gé-néral est que toute parure à pendants produit, sous l’impulsion des mouvements de la personne'qui la porte, de petits chocs, un léger cliquetis qui flatte toute oreille orientale. Cela est d’ungoût si répandu qu’on introduit dans les bijoux jusqu’à des petits grelots, comme on l’a vu.

Essentiellement artiste, l’artisan asiatique qui sait combiner des ornementations tantôt so-bres et sévères, tantôt de caractère élevé et somptueux, parfois splendides, toujours empreintesde grâce et de style, ne pousse généralement pas son ouvrage jusqu’à ce faire matériel qu’enEurope on appelle le tour de main, le fini. Le blaireautage est complètementdédaigné par ce-lui qui veut qu’une œuvre vaille par elle-même, par sa franchise, voire par sa rusticité, commelorsqu’il s’agit des bijoux populaires.

Les modes actuels de la bijouterie orientale : l’ordre, la symétrie, l’économie des motifs, leurrépétition dont les Égyptiens et les Assyriens faisaient si grand usage, l’alternance régulière,sont des principes fondamentaux. Les chaînettes de suspension, les pendants à jeu libre, quilui donnent tant de grâce et en complètent la physionomie, semblent, comme le genrelui-même, remonter à la plus haute antiquité. Le plekfe amdesm'e trouvé dans les fouillesdelà cité préhistorique dumont Hissarlik, ancienne Troade, large bande d’orfèvrerie faisant letour de la tête, était accompagné de la série des tresses d’or qui pendaient sur le front et lesoreilles; ce diadème avait, à chacune de ses extrémités, près du bord inférieur, le trou d oùpend encore le fragment d’une chaîne très fine. C’est la somptueuse coiffure mise par Ho-mère sur le front d’Àndromaque.

L’antique bijouterie, de caractère préhistorique, ou au moins des temps héroïques, que lesrecherches de M. et M m6 Schliemann ont mise au jour en si belle quantité, semble démontrerque la plus grande différence entre les produits de l’Asie ancienne et les joyaux de 1 Orient mo-derne serait surtout caractérisée parla représentation des choses de la nature, des êtres du mondeanimé, représentations interdites par l’islamisme ; mais, de même que la loi religieuse qui rè-gle si sévèrement l’usage des métaux précieux, n’a pas réussi à empêcher les femmes orienta-les de continuer à se parer de bijoux avec profusion, en beaucoup de localités ; 1 interdiction del’imitation a été impuissante en plus d’un endroit où la tradition a continué à prévaloir. 0 estainsi que la musulmane du Liban, au tèpelklc d’argent travaillé a jour, plus fin que là plusfine dentelle de Smyrne, porte au cou une quadruple chaîne, descendant jusqu au-dessous dela ceinture, dont chaque chaînon est une fleurette, une mignonne marguerite d argent au