La statue nimbée, n° 1, représentant Clotilde, femme de Clovis I er , est le type le plus com-plet du costume féminin au XII e siècle ; il se compose d’un corsage ajusté au plus près, pre-nant le ventre, n’ayant qu’une ouverture de dimension restreinte au haut de la poitrine,et lacé dans le dos. Une ceinture d’étoffe faisant le double tour, à bouts prolongés, retom-bants, couvre la jonction du corsage et de la jupe traînante. Les manches recouvrantes sonttrès-larges. Cette robe était posée sur la chemise, visible au cou et descendant jusqu auxpieds ; ou, plus souvent encore, elle était mise sur une robe intermédiaire, dont la mancheétroite était fermée au poignet. Dans notre exemple le manteau ouvert ne cache pas la poi-trine, il descend droit des épaules; les bras en sont couverts et de leur repli soulèvent lescoins du. vêtement semi-circulaire, ce qui lui fait former des plis étagés en cascade. La chaus-sure pointue (voir n° 2) ajustée, couvre le pied, se recourbant, dit Guilbert deNogent, à lamode de Cordoue.
La coiffure est une couronne verticale en orfèvrerie. Les cheveux, divisés sur le milieu dufront par une raie, sont réunis de chaque côté en deux grandes mèches non tressées, enrou-lées et réunies par des rubans ou des galons ; ils descendent au-devant des épaules dans touteleur longueur. Point de collier, mais une plaque de poitrine à l’endroit du fermail du vête-ment intérieur. Tel est l’ensemble de ce costume féminin ne laissant visibles que le visage, àpeine le haut du cou et les mains. On y employait la soie, les fines toiles, la mousseline.
La chemise en toile légère était à petits plis et bordée de gansés d’or aux endroits visibles,le cou et les manches.
Le corsage, le justaucorps, était d’une sorte de tricot de soie crépelée, si élastique, si sou-ple, que la tension sur les seins fait disparaître la gaufrure de l’étoffe. ( On fabrique encoreaujourd’hui de ces soies crépées dans tout l’Orient.) La jupe de soie était tantôt unie, tantôtbrochée d’or ou tissée de soie de couleurs différentes ; mais la quantité et la nature des plisdémontrent qu’elle était toujours légère de tissu, et il en était de même pour les larges man-ches aux ouvertures frisées comme des ruches. La ceinture était en étoffe avec des applica-tions d’orfèvrerie, de pierres fines; elle était passementée et à plat pour ceindre jusqu à sonretour où on la nouait. Elle se terminait en une cordelette de soie tressée dont le nœud lâcheétait fait; les bouts pendants étaient ornés de bagues d’orfèvrerie. Quelquefois cette ceinturene consistait qu’en une longue bande d’étoffe très-riche.
Le manteau semi-circulaire était de même coupe pour les deux sexes ; il était aussi de soiefine et non doublé de fourrures comme on le fit plus tard ; le nombre et la nature des plisl’indiquent; rarement décoré de broderies ou fait avec des étoffes à dessin, il était souventpassementé sur les bords. Les couleurs les plus usitées étaient le rouge, le bleu, le vert. Il yavait plusieurs manières de l’attacher : ou on le croisait sur la poitrine en le retenant surl’épaule avec une simple fibule, ce qui exigeait une ampleur à la romaine (voir n° 3), ou plussimple, ne se croisant pas, il était fixé au haut du thorax par un nœud fait avec l’étoffe dumanteau même. On passait cette étoffe par une ouverture garnie de métal sur le bord opposé