Band 
Tome III.
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et on y faisait un nœud pour l’empêcher de repasser (voir n° 8). Cette façon était assez fré-quemment usitée pendant le XIP siècle et, comme elle exigeait la plus grande souplesse del’étoffe, les bords du manteau n’étaient point passemeutés pour ce cas. La manière là plusgénéralement répandue était de relier les deux bords rectilignes par un cordonnet allant del’un à l’autre et permettant de tenir le vêtement plus ou moins ouvert, ou de le fermer toutà fait. La ganse, fixée d’un côté, passait de l’autre à travers une boucle où se faisait l’arrêtà volonté ; le point de départ et celui de passage avaient, en ce cas, la même apparence exté-rieure, celle de boutons de métal fixés sur l’étoffe (voir n° 5), ou encore, le cordonnet fixé d’uncôté, passait de l’autre à travers un œillet et, noué, laissait pendre l’excédant au dehors(voir n° 4) ; on appelait cette manière : lacer le manteau.

Le manteau était plus court que la robe ; il appartenait particulièrement à la noblesse. Lafaçon de le porter en fut une marque qui ne s’effaça qu’à la fin du XIV e siècle.

Le port de ce long vêtement exigeait une éducation complète, une habitude prise dès l’en-fance, dit M. Viollet-le-Duc (1), auquel nous devons la plus grande partie de nos renseigne-ments ; la démarche des dames était lente, mesurée ; à la promenade elles faisaient usage decannes longues surmontées d’un oiseau (M. Quicherat).

Nous parlerons en leur temps des souliers ajustés, prolongés en pointe, et des couronnesorfévrées pour lesquelles il n’y eut de classement nobiliaire que depuis le XVI 0 siècle.

Le costume des hommes était beaucoup plus simple et plus pratique.

Le manteau était le même, comme on l’a vu, mais la robe non traînante ne dépassaitguère les chevilles ; par-dessus on portait le bliaut, que l’on ne mettait pas sans le manteaulorsqu’on était paré. Ce bliaut est une tunique sans autre ouverture que le passage de la tête,composée d’une seule pièce d’étoffe, plus étroite à la hauteur des épaules qu’en bas de lajupe où elle était fendue jusqu’à une certaine hauteur pour la facilité de la marche ; les deuxparties de cette unique pièce d’étoffe retombaient devant et derrière, laissant le bas de la robeà découvert (voir n° 5). La robe qui était sous le bliaut était habituellement faite de lin ; elleétait posée sur la chemise et souvent en tenait lieu. On en superposait parfois plusieurs, selonla saison. La manche, serrée au poignet, était très-large et étoffée à la naissance, nullementgênée par le bliaut qui, lui, n’avait pas de manches. La ceinture en rapprochant les deuxpans du bliaut autour de la taille, ne rétrécissait pas le passage nécessaire aux amples en-tournures des manches de la robe. Une fois le bliaut passé, on fermait avec une agrafe lafente pratiquée pour le passage de la tête. Oes bliauts étaient, au commencement duXIII e siècle, ornés de-bandes d’ornements, d’orfrois, de broderies, posées en bordure.

La ceinture dans le costume civil ne fut reprise par les hommes que vers la fin du XII e siè-cle. Elle est longue, étroite et bouclée, en cuir souple ou en tissé de soie, garnie de métaldoré ou émaillé, rivé à même pour l’empêcher de se plisser. Cette ceinture était aussi portée

(1) Dictionnaire raisonné du mobilier français } Vêtements,