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Tome V.
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la réception dans son alcôve et lorsqu’il est encore au lit, des princes qui lui sont proches, desfonctionnaires spéciaux et de certaines personnes autorisées ; relatons seulement que c’estdevant cette première assistance que le roi sort du lit, chausse ses mules, prend la robe dechambre, et franchit la balustre (la clôture de l’alcôve) pour venir s’asseoir en la chambresur le fauteuil où il doit être habillé. C’est à ce moment précis qu’il fait petit-jour chez le roiet que commence le petit-lever ; c’est l’instant de la, première entrée , de ceux y ayant droit parleurs charges et de ceux qui ont un brevet d'entrée.

Le roi est en bonnet de nuit, en robe de chambre, enpantoufles. On le décoiffe, on le peigne; il se peigne lui-même. (Louis XIV qui avait eu une fort belle chevelure,et ne prit perruque qu’à, l’âge de trente-cinq ans, ne vou-lut jamais avoir la tête rasée, comme on le faisait com-munément; on composait pour lui des perruques avecdes jours où étaient passées les mèches de ses cheveux.)Un valet, pendant tout le temps de la toilette et de l’ha-billement, tient en main un miroir devant le souverain.

Le roi étant peigné, on lui met la ‘perruque de son lever ,plus courte que celles qu’il porte le reste du jour; puison passe à la première partie de l’habillement. D’abordles chaussons et leurs jarretières (caleçons ou bas dedessous), ensuite le haut-de-chausses où sont attachesles bas de soie, les bas d’estame, ou les bas foulés, selonla saison ; on chausse les souliers, dont ordinairement lesboucles sont de diamants; le roi attache lui-même lesjarretières, aussi à boucles de diamants. Ici, une collationlégère : un pain, un bouillon, un verre de vin et d’eau.Le roi est encore en robe de chambre, et, depuis le com-mencement de l’habillement, les huissiers qui gardent laporte ont admis les cardinaux, les archevêques, les évê-ques, le nonce, les ambassadeurs, les ducs et pairs, etc.,qui sont venus y gratter. C’est seulement après la colla-tion que l’on ôte au roi sa robe de chambre, sa camisolede nuit, et que se fait l’enlèvement des reliques qu’ilporte (la nuit à l’aide d’un cordon passé en écharpe, lejour en des bourserons ), avant de procéder au change-ment de la chemise. On la présente au roi, couverte d’untaffetas bleu, et celui qui remplit cet office est toujoursle plus haut prince présent; il est utile de noter que pourcette présentation et celles du même genre, le seigneurqui s’en acquitte a toujours les mains nues, car chaquefois il donne à garder à quelque valet de chambre sonchapeau, ses gants et sa canne. La chemise de nuit ayantété retirée, celle de jour, chauffée au besoin, ayant étépassée à l’abri du paravent formé par la robe de chambretenue par les valets, le haut-de-chausses étant relevé etfixé, le roi prend parfois une camisole, puis on agrafele ceinturon et l’épée, on passe la veste sur laquelle

Louis XIV faisait mettre en écharpe le cordon bleu del’ordre du Saint-Esprit ; enfin on met le justaucorps.

Le tour de la cravate est venu : on présente au roi unecorbeille où il s’en trouve plusieurs, préparées avec desrubans quand il y en a. La cravate désignée est passée à.son cou ; il se la noue lui-même. Puis on lui passe l’habitde la veille pour qu’il en vide les poches dans celles del’habit qu’il prend. Les mouchoirs sont aussi l’objet d’unchoix; on en présente de trois sortes de façons sur uneespèce de soucoupe ovale en vermeil, nommée salve (saleselon Saint-Simon). Le roi prend un ou deux mouchoirs.

C’est après l’audience qui suit, donnée au nonce, auxambassadeurs, etc., que le roi passe dans son cabinet, yprend sa montre et les reliques qui y ont été apportéeset s’affuble de sa perruque ordinaire. C’est là encore quole maître de la garde-robe est averti des choses dontil faut se pourvoir pour l’après-dînée, comme bottes,bottines, casaque, surtout, manchon, etc. Si dès le matinle roi s’habille pour aller tirer ou pour aller à la chasse,il prend sa canne ou un fouet. S. M. part d’ordinaire dansson carrosse et trouve les chevaux de selle au rendez-vous.

Les porte-manteaux, outre le manteau du roi qu’ilsportent et tiennent à sa disposition, ont la garde doshardes que le roi quitte et reprend : ses gants, son cha-peau, son manchon, sa canne. Us ont aussi en certainscas la garde de l’épée que le roi quitte dès qu’il a leséperons; autrement elle est portée par l’écuyer du jour.

Au retour de la chasse ou de la promenade, a lieu ledébotté, s’il y a lieu, et un changement d’habit. Le roise déshabille et s’habille encore de nouveau, soit qu’ilait été jouer à la paume, soit qu’il se soit baigné en ri-vière ou en chambre. Il change plusieurs fois de per-ruque, pour la messe, après le dîner, après le retour dela chasse ou de la promenade, pour le souper, etc.

Le coucher est naturellement l’envers de ce qui s’estpassé le matin. Lorsque le roi vient dans sa chambrepour le grand-coucher , l’assistance est nombreuse et dela même qualité qu’on l’a vue à la première entrée. Lachemise de nuit lui est présentée comme l’a cté celle dejour. Le bougeoir du roi à deux branches (celui de la