reine, celui du dauphin, n’ont qu’une bobèche) y esttenu, d’abord par l’aumônier, pendant la prière, puis,sur la désignation du souverain, par un des princes pré-sents, ou par un seigneur étranger auquel on veut fairehonneur. Au pctit-coucher n’assistent plus que ceux quipeuvent entrer le matin, le roi étant encore au lit, etquelques particuliers auxquels cette grâce spéciale estaccordée. C’est alors que le barbier fait son œuvre j le
roi étant assis sur un pliant, un valet de chambre tientle miroir, un autre le flambeau. On apporte sur la salveun bonnet et deux mouchoirs de nuit unis et sans den-telle. La serviette dont le roi s’essuie les mains et le vi-sage, mouillée seulement par un côté, l’autre servant às’essuyer, est présentée entre deux assiettes de vermeilpar un prince du sang ou le plus grand seigneur pré-sent. Enfin, congé est donné aux assistants.
Nous avons passé sous silence les cérémonies que comportaient l’habillement et le déshabilléde Louis XIV. À chaque fois qu’il y avait un changement d’habit dans le cours de la journée,ces mêmes cérémonies recommençaient. Ces us et coutumes, imités à l’envi par les courtisans,étaient d’une complication si réglée, qu’il est difficile d’admettre que Molière n’y ait pas songé,lorsqu’il faisait habiller en cadence son illustre mamamouchi, M. Jourdain.
C’est aussi par l’exemple du roi que se propagèrent les réceptions de la matinée, où la robede chambre a vec la perruque courte du matin ou le bonnet étaient de grand ton. La robe dechambre était un vêtement d’apparat, d’étoffe luxueuse, brodée d’or et d’argent, plus ou moinschaude selon la saison. Quant au bonnet, il était indispensable à défaut de la perruque; lachevelure étant entièrement rasée, la tête dans sa nudité n’était pas présentable; au surplus,depuis les perruques à calottes, véritables bonnets, en usage du temps de Louis XIII, leshommes avaient pris l’habitude d’avoir toujours la tête chaudement couverte ; à une époqueoù les lourdes perruques in-folio causaient à la tête une transpiration telle qu’on ne les pouvaitporter qu’en mettant en dessous une calotte de serge ou de toile, on dut plus que jamaisadopter une coiffure garnissant suffisamment le chef dénudé. On prit donc des bonnets, jdusou moins légers; on les fit de toile, de soie, de velours, il y en eut de ouatés et de fourrés.Cet objet indispensable devint un objet de luxe, que l’on ornait de broderies, souvent des plusriches et des plus compliquées. L’usage en était tellement entré dans les mœurs qu’au dix-septième comme au dix-huitième siècle la fiancée brodait le bonnet de mariage de son futurépoux. On en usait de même à l’étranger ; notre n° 3 est un bonnet de mariage vénitien dudix-huitième siècle, couvert d’emblèmes où l’amour couronné a pour pendant le symbole de lapaternité. Le n° 8 où se répètent des cœurs couplés est aussi un bonnet emblématique, brodé pardes mains attentives.
Nous avons décrit les caractères généraux du costume masculin de la fin du dix-septièmesiècle (planche ayant pour signe le Masque) et nous ne relèverons ici que les particularitésoffertes par les variantes que nous reproduisons. Deux des justaucorps, n 09 9 et 12, sont ga-lonnés largement, le n° 11 n’est que passementé. Le drap des uns et des autres est uni, sanschamarrures. Le n° 9 qui tient la main dans la poche de son haut-de-chausses, découvre uneculotte lacée sur le côté. Ce même seigneur porte le cordon bleu sur sa veste et non par-dessusson justaucorps, ce qui est une imitation de la manière dont Louis XIV le portait habi-tuellement, au rapport de Dangeau, excepté en cérémonie. Le duc du Maine, n° 13, a aussi