le cordon bleu sous le justaucorps. Ce dernier, a le manchon d’hiver, suspendu à la ceinturepar le ruban appelé passe-caille. c< Il y avait alors, dit M. Quicherat, une sorte d’air d’opératrès en vogue, qui était composé d’un rythme espagnol et qu’on appelait passe-caille. Le nomde passe-caille fut donné au cordon qui servait à suspendre le manchon. »
L’abbé, drapé dans un long manteau à petit collet, est un de ces élégants que l’on rencon-trait dans les hautes sociétés ; il a de riches manchettes, des souliers enrubannés, hauts sur-talons, les bas rouges du monsignore ; cet abbé perruquet est sans doute du rang de ces abbésde haute naissance qui vivaient dans le monde, ayant le cardinalat pour point de mire. ,
La reine de Danemarck (n° 13) porte un costume enrichi de dentelles, qui est, sans con-tredit, de la meilleure manière de ceux mis à la mode sous le règne de M mo de Maintenon. Leshautes garnitures plissées de la jupe, en dentelles d’or et d’argent, constituent le falbala origi-naire, tel que Langlée l’avait d’abord imaginé, et avant qu’on y introduisît les ornements brodésqui, groupant des dentelles moins hautes, reçurent le nom de prétintailles. Cette dame aencore des dentelles à son manteau troussé ; son casaquin en est bordé, ainsi que sa gour-gandine (le corset entr’ouvert par devant à l’aide d’un lacet-Boursault) ; ses engageantes, safontange en sont également faites. Elle porte le manchon enrubanné, plus que jamais à lamode à la fin du dix-septième siècle. Telle qu’elle est, avec son visage parsemé de nombreusesmouches, cette reine étrangère nous paraît offrir une représentation de ce que devait être laGrande-Pandore, la poupée modèle qu’il était d’usage d’habiller à l’hôtel de Rambouillét,et dont on envoyait des copies à Vienne, en Italie, en Angleterre, en même temps que lemodèle pour le déshabillé, la Petite-Pandore. La guerre n’empêchait pas la circulation deces poupées de quatre pieds; lorsque les ports anglais étaient bloqués, elles y entraient parpermission spéciale.
Les renseignements donnés sur l’habillement du roi proviennent de l’Etat de la Francede 1702. On ne les trouve pas dans les éditions précédentes; c’est le sieur Trabouillet qui,succédant au fondateur Besongne, introduisit cette année-là et pour la première fois à la suitedu chapitre de la chambre ce Détail de toutes les fonctions qui se font à la chambre du royautour de Sa Majesté, par qui et à quel moment elles sont faites, où est expliqué l’ordre du leveret du coucher du roy. Rien de plus authentique que ce travail dédié et soumis au roi lui-même.
(Les n os 4, 5, 9, 10, 11,12 et 13, sont tirés du beau recueil finement enluminé que M. Ovigneur,de Lille, a lien voulu nous communiquer. Ces figures sont signées des noms de Berey, Trou-vain , Bonnart et Mariette.
Les n oa 1,2, 3, 6, 7 et 8, figuraient en nature au Musée historique du Costume, lors del’Exposition organisée à Paris par l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie,en 1874. MM. le baron de Schwiter, Cornu, Jubinal, Pascal, etc., y avaient exposé des spé-cimens variés de ce genre. Le n° 8, d’origine vénitienne, appartient à M. le baron Davillier.)