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Tome V.
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de l’équiper, où l’on dut envoyer à la frontière des volontaires non revêtus de l’uniforme, ilest facile de comprendre qu’il y eut de nombreuses variantes dans l’nniforme des légions, ba-taillons et compagnies franches. Ce n’est qu’après les premières victoires que l’on put s’oc-cuper d’introduire une certaine uniformité. Parmi les pis-aller auxquels, même dans l’arméerégulière, on dut recourir, se trouve le pantalon : le manque do drap blanc pour faire desculottes obligea plus d’une fois d’envoyer aux armées des étoffes rayées. Il y eut donc descompagnies et même des régiments en pantalons à raies.

La cocarde tricolore, portée à la coiffure, fut obligatoire pour tout le monde. L’ordre deses couleurs fut d’abord le blanc formant bordure, le rouge placé entre le blanc et le bleu.— La coiffure des fantassins était le chapeau à cornes, dit encore le tricorne quoiqu’il n’eneût plus la figure. Les compagnies de grenadiers portaient le bonnet à poil, prescrit jusqu’enfévrier 1793, où il fut remplacé par le tricorne ordinaire des fusiliers, qui n’en différait quepar une crinière rouge plantée sur le pompon. Les chasseurs continuaient à porter lecasque à chenille, non plus en cuir bouilli, mais en feutre verni, plus léger. Il n’était pasencore question du shako.

Tous les officiers indistinctement eurent pour coiffure le chapeau, pour chaussures des bot-tines, et furent habillés du frac ou habit carré, à larges pans.

Quoiqu’on ne fût plus au temps où les soldats, cheveux poudrés, le roi de carreaupommadé, formant une boucle de face, manœuvraient pour les dames dans le champ deMars (Mercier, Tableau de Paris), toute l'armée portait les cheveux bouclés ou tressés, misen queue ou nattés, couverts de pommade et de poudre. Depuis longtemps les militairesavaient cessé de faire usage des chevelures artificielles et avaient congédié les perruques àla brigadière. Ce qui s’était perpétué, même parmi les simples soldats, c’était la coutume denourrir leurs cheveux, de les porter noués en pelote, et non plus enfermés dans une boursequadrangulaire oblongue en taffetas noir, ou dans la bourse circulaire dite crapaud. Cesoin d’entretenir leur chevelure, que les vétérans comme les conscrits s’imposaient avec unesorte de gloriole, a été fort remarqué à une époque où l’on répudiait l’usage de la poudre et où,à Paris, on renonçait en masse « à ce gothique usage qui enlève une partie de l’alimentationdu peuple. » Beaucoup, il faut le dire, se contentaient de la poudrure à frimas, qui nedépose sur la tête qu’une couche de blanc transparente. Bonaparte, dans sa campagned’Italie, eut la queue et les cadenettes accommodées d’un ccü de poudre. Il y renonça en Egypte.Pour le reste de l’armée la réforme fut plus tardive : bien des corps résistèrent longtemps.Nous lisons dans la Biographie générale qu’à, son passage à Arras, Napoléon, devenu empereur(c’est-à-dire une douzaine d’années plus tard), admira la belle tenue des grenadiers de Junot ;celui-ci avait substitué non sans peine, et en donnant lui-même l’exemple par le sacrifice desa longue chevelure blonde, le shako au tricorne, et la coiffure à la Titus à la coiffure poudrée.

La braverie militaire était au reste, en 1792-1793, la tradition directe des troupes régu-lières. <r Les soldats, habitués, dit M. Quichcrat, à ce qu’on ne leur épargnât pas la peine,