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Tome VI.
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même inspiration qui, à l’époque de l’âge du fer en Scandinavie, avait fait donner aux orfè-vreries, en métaux combinés ou non, les fortes saillies, bien autrement aiguës que les bossages,des parures et armes de la pl. A. R., et qui, plus tard sous l’influence d’un besoin artistiqueanalogue, a fait mettre sur les surfaces orfévries les pierres de couleurs dans un haut relief.C’est la même inspiration qui a fait ajouter à cette orfèvrerie de petites pièces mobiles, soitpendantes, soit incrustées dans les fonds, auxquelles on a donné la forme d’un timbre, d’untout autre effet que celle du sequin. Car le disque concave, suspendu et mobile comme le sequin,outre qu’il est de bien autre relief, accrochant immanquablement la lumière et la renvoyanten vives étincelles, est d’une bien autre résonnance que le sequin plat. L’emploi des chaînettes,inséparable de la joaillerie à compartiments des Kabyles, dans laquelle on rencontre des prin-cipes si voisins de ce qui vient d’être expliqué, et qui semble d’origine phénicienne, est en quel-que sorte non moins inséparable de la bijouterie gemmée scythique, et en confirme, l’originefranchement asiatique. Seulement, le petit disque en forme de timbre, coupole accrochant tou-jours une vive étincelle, sans avoir l’épaisseur du gland, ni les inégalités des plaquettes, le petitdisque présentant sa concavité, et faisant bruire son métal touché sur un seul point, selon laloi la plus nette de la résonnance, fut une trouvaille scythique. Elle est si heureuse, que lespetits disques seuls, combinés avec des surfaces en simples bossages, suffisent pour faire encorede la parure rustique en simple cuivre doré, l’une dos mieux réussies, et celle qui a conservé leplus de caractère, parmi les joailleries suédoises et norvégiennes. La matière est de peu deprix, l’emploi est franc, et ce n’est pas du clinquant mensonger. A tous les égards, cette heu-reuse rusticité est digne d’intérêt.

Nous n’insisterons pas davantage sur les origines ; il suffit de signaler ici que les caractèresde la joaillerie des Scythes consistent principalement : 1° Dans l’apposition des pierreries,conservant leur relief sur la surface orfévrie où elles sont serties ; mode essentiellement diffé-rent de l’incrustation dans le métal des pierres ou des matières colorantes, y formant table,telle que la pratiquaient les anciens Egyptiens et les premiers Byzantins ; 2° dans l’additionde pendants, délicats, mobiles, plus ou moins nombreux, plus ou moins légers, ayant la sou-plesse des chaînettes, et plus ou moins prolongés ; S° dans une autre addition de petits disques,en forme de demi-coupole, suspendus par leur bord supérieur à un anneau mobile, à la façondes sequins ; mais dont ils diffèrent sensiblement au fond.

La bijouterie gemmée et filigranée de la Suède, toute altérée qu’elle soit dans le détail, seressent encore du souffle du génie créateur qui a fait prévaloir le genre. Les pierres tailléesselon les coupes que l’on donne au diamant, sont assurément d’un mode de détail relative-ment moderne ; les filigranés en usage diffèrent de ceux de la très haute antiquité conservéepar le Kabyle : ce ne sont plus le double fil tordu, fixé par des griffes, et le fil simple, soudé surle fond, distribuant les volutes de la fougère, autant de caractères que, selon les archéolo-gues spéciaux, on ne peut guère faire remonter au-delà du onzième siècle. Mais ces modifications,résultant des progrès de l’industrie, n’empêchent pas que les principes fondamentaux de la bi-