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Tome VI.
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la mieux rétribuée ; ces riveraines de la mer se sententcomme emprisonnées dans les villes ; leur poissonvendu, elles se sauvent au plus vite dans leurs char-rettes basses attelées de chiens.

L’habillement de ces marchandes de poissons, ex-trêmement diligentes, a quelque chose d’austère et decénobitique, selon Esquiros. Il convient d’ailleursparfaitement au climat et à la profession. Leur cha-peau de grosse paille, bordé d’un ruban noir, doubléd’une indienne à fleurs plissée qui s’étend autour dela tête jusqu’à mi-bord, est à timbre droit pour yporter la corbeille. Ce chapeau aux ailes contournées,relevé par devant et par derrière en forme de nacelle,sert à maintenir sur la tête jusqu’à trois et quatrecorbeilles. Il est posé sur une coiffe en toile de Cam-brai, à large bande brodée de fleurs qui, d’ordinaire,cache entièrement la chevelure. A cette coiffe sontadaptés les fers d’or ou d’argent avec des grains demême métal ou des perles suspendues, à la manièredes Nord-Hollandaises j au cou, le collier de grainsde corail rouge est attaché par une agrafe d’or. Unmouchoir de toile à carreaux fond rouge couvre lagorge. Le corset qui recouvre ce mouchoir, et auquelces femmes donnent le nom de manteau, est de sergeou d’indienne. La jupe est de serge bleue ; le tablierde la même couleur est remplié et surmonté d’unbord d’étoffes à carreaux. Le mantelet sans capuchonest de serge brune et doublé de grosse flanelle rouge.Les bas sont généralement bleus ; les souliers noirsà talons plats sont attachés avec des boucles d’ar-gent ou des courroies. Les dimanches on va à Té*glise en mules de peau rouge ou de quelque autrecouleur, et avec le mantelet d’indienne.

En hiver on échange le mantelet contre un longcamail de serge brune doublée de rouge, ayant uncollet droit et raide.

Fig. 16 et 17. — Zélandais; homme et femme del’île de Zuid-Beveland, ou Beveland du sud. — Onappelle Walcheren le jardin de la Zélande. Zuid-Be-veland, pays de grande culture, en est le potager, legrenier et le verger. Le pays est riche, car ses polderssont des plus fertiles. Ces terrains, si péniblementconquis sur la mer par les aïeux, n’ont pas besoind’engrais, le limon déposé par l’eau des fleuves, leschorne, y étant retenu par des procédés artificiels, lesplantations de roseaux qui y deviennent énormes, etarrêtent au passage les matières plus résistantes quel’eau. On a dit de ces cultivateurs qu’ils sont tout d’oret d’argent. Le garçon porte un gilet de damas ou

d’indienne jaune à grandes fleurs, avec une rangéede boutons d’argent travaillés à jour, surmontée dedeux gros boutons d’or fermant le col de la chemise.La ceinture de la culotte est ornée sur le devant dedeux gros boutons convexes d’argent, et de deuxautres plus petits pour fermer les goussets. Au des-sous du genou les bas sont assujettis par des cour-roies noires fermées par des boucles d’argent con-vexes’; enfin d’autres grandes boucles rondes de mêmemétal, mais aplaties, recouvrent à peu près la moitiédu soulier. Il faut ajouter à cette orfèvrerie, la grossemontre d’argent, et sa chaîne massive avec unequantité de breloques du même métal.

Ces paysans portent les cheveux longs sur la nuque,un peu plus bas que les oreilles, et formant au des-sus du collet du vêtement un demi-cercle horizontal.Les cheveux retombant sur le front sont coupés demême, à un ou deux centimètres au-dessus des sour-cils. Le visage est rasé, mais le barbier ne rase passeulement la face, il rase encore le cou au-dessousdes cheveux taillés en rond. Les paysans sont trèsattachés à leurs longs cheveux, signe de liberté.

La villageoise est dans la toilette que l’on prendpour les visites, ce qui s’appelle là aller jouer. C’estune fille, ainsi que l’indique la position de Yhoofdnaald,la plaque ciselée placée en oblique sur le front, degauche à droite pour la fille, de droite à gauche pourla femme mariée. Le chapeau de paille est attachépar-dessus un bonnet enserrant les cheveux et nelaissant passer que les fers d’or ou d’argent. Le cos-tume consiste en une ample pièce d’indienne voilantle haut du corps, depuis le menton jusque loin sousle sein ; deux autres pièces de la même étoffe serventde fourreaux aux manches du corsage, fourreaux quisont fermés au-dessus du coude par des boutons d’or.Le corsage, de damas noir à fleurs blanches, est tra*versé en sautoir croisé par un ruban de soie brodéd’argent et de fleurs de diverses couleurs ; au bas dece corsage, une grosse agrafe d’argent en rosette estdestinée à assujettir le large tablier de toile rougeà carreaux. La jupe est de beau damas brun ; elleest tendue et comme relevée par l’amas des juponsde laine posés en dessous. Une courroie est attachéeà l’endroit où se ferme le corset, et à cette courroieune chaîne d’argent suspendant un étui en chagrinmonté en argent, renfermant un couteau et une four-chette à manches d’argent. L’avant-bras est recou-vert par des bouts de manches ; les mains sont paréesde bagues. Le soulier, coquettement découvert, a leslarges boucles d’argent;