Fig. 18 et 10. — Femmes de pêcheurs en habits degrande fête, des villages de Catwyk et de Yolendam,dans la Nord-Hollande. — Le rapprochement de cesdeux costumes, qui proviennent de localités peu éloi-gnées l’une de l’autre, offre un exemple frappant nonseulement de la diversité des choses du costume enNéerlande, mais encore de la brusquerie fréquenteavec laquelle se produisent les diversités.
L’habitante de Catwyk, fig. 18, porte une coiffurecomposée d’une pièce de gaze extrêment fine, brodéeen fleurs, et assujettie au moyen d’un ruban noué der-rière la tête, l’excédant retombant sur la nuque etles épaules, comme on le voit aux filles d’Alkmaar.Cette gaze blanche est posée sur une calotte noireenveloppant le dessus de la tête et retenue par unelarge lame d’or qui se termine au devant des oreillespar deux gros boutons de forme carrée (voir fig. 10>pl. n° 3). Le devant du bonnet est attaché à chacunde ces boutons au moyen d’une épingle d’or dontune perle forme la tête. Du sommet du front, deuxautres fers, deux lames en forme de feuilles de saule,d’épi (voir même pl. la fig. 4) descendent en s’écar-tant de chaque côté de la tête. Ils sont d’or, commele reste, et ornés de toutes sortes de figures. Desextrémités de la lame postérieure pendent divers or-nements en forme de rosettes ou de grappes garniesde perles. Cette coiffure coûte au-delà de 400 florins.Une Nord-Hollandaise ajoute à cette parure de têteune chaîne de cou en or, rattachée par une agrafe dumême métal. La gorge est couverte d’un mouchoir
de très fine mousseline, fermé par une épingle d'ordont la tête est une assez large plaque ovale, ornéede figures en bas-relief. L’habillement est en partiede fine indienne, en partie d’étoffe de soie.
Les femmes des pêcheurs de Yolendam sont bienéloignées de ce luxe ; il s’en faut même qu’ellessoient vêtues aussi richement que la plupart despaysannes, tout en accumulant sur leur taille minceles sept jupons épais qui, dit de Coster, font la gloiredu peuple néerlandais. Ces femmes portent de sim-ples pendants d’oreilles et n’ont pas de bijoux sur lefront. Elles sont joliment coiffées d’un bonnet de finlin fermé en dessous autour de la tête, le fond de cebonnet formant un vide assez considérable à l’inté-rieur. A ce bonnet est adapté, par devant, un largebord de dentelle faite au métier et fortement empesée.Cette dentelle, formant pointes sur le front, est évaséesur les tempes, laissant voir l’oreille et la naissancedes cheveux. Les deux extrémités de cette espèce degarde-vue se terminent en pointe qui sont repliéessur le derrière de la tête. Le collier est de grains decorail d’un rouge très foncé. Les souliers ne sontornés que d’un simple nœud de ruban. Un fichu de lin,un corsage à courte manches se terminant en casa-quin, un tablier, dont la partie supérieure en étoffe àcarreaux diffère du reste, complètent cet ajustement,dont l’originalité simple est surtout due à la coiffure.La fig. 20 de la pl. n° 5 offre un profil de ce bonnetdont le fond est en laine et qui se termine par ungland.
Ces figures sont toutes tirées des Tableaux de l’habillement, des mœurs et des coutumes dansla République batave, au commencement du dix-neuvieme siècle, publiés par E. Maaskamp,à Amsterdam, 1803-1807 ; gravures de L. Portman, enluminées par J. Pieneman.
Voir pour le texte et celui des quatre autres planches de cette série :1e Recueil de Maas-kamp. — La Néerlande, par Ch. de Coster ; Tour du monde. — La Néerlande et la vie hol-landaise, par M. Alp. Esquiros, Revue des deux mondes, années 1855, 5G, 57. — Voyagedans la Belgique, la Hollande et l’Ltalie, par André Thonin, rédigé par le baron Trouvé,Paris, 1841. — La Hollande, par M. Xavier Marinier, Revue des deux mondes, 1841. — EnHollande, Mire à un ami, par M. Maxime du Camp. — Promenade en Hollande, par LouiseCollet, 1859. — Visite en Hollande, par L. Jean Aicard, 1879. — Notes de voyage d'unarchitecte, par M. Félix Xarjoux, 1875. — Voyage dans le Nord de iAllemagne, la Hollandeet la Belgique, par M. Conrad de Gourcy. — Enfin le beau volume la Hollande à vol d’oiseau,par M. Henry Havard, Paris, 1881.