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Tome VI.
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rable, et les G-ipsies étaient restées sous la réprobationdes crimes du temps passé, connus en Angleterre sousle nom de kidnapping. Il n’était que trop certain quel’action de voler les enfants avait été d’un très bonrapport, alors que dans les rues de Londres on se livraità cette traite des blancs, en enlevant annuellement des

centaines d’individus pour les expédier et les vendreaux planteurs des bords de la Dclaware. Les G-ipsies,qui avaient d’ailleurs des complices parmi les chré-tiens, choisissaient des enfants déjà assez grands etassez forts pour supporter les travaux de la servitudeà laquelle ils étaient destinés.

a Les cris de Londres. »

Ces cris forment une histoire que l’auteur des Promenades dans Londres « Wanderings bythe town » a publiée il y a quelque quarante ans, alors que cette histoire venait d’être close. Atout jamais se trouvait banni de Londres ce que le docteur Ding et de la Serre, secrétaire dela reine de Médicis, parlant des rues de la capitale de l’Angleterre au seizième siècle, appelaientleur « concert d’harmonie ».

Au quinzième siècle, les membres des principales corporations marchandes de Londres,établis et patentés, vendaient sur la place publique, criaient devant leurs boutiques, ou criaienten parcourant les rues. La coutume était générale, et la victoire demeurait aux plus grossesvoix. A Cheapside, on voyait toute une population qui ne tarissait point sur le mérite des ve-lours, des linons et des soieries. Aux environs de Westminster, on vociférait de tontes parts :Avez-vous à vendre? Avez-vous à échanger? Voici des chapeaux fins! Voilà des lunettes! AWestminter-hall, rendez-vous des hommes de loi et des plaideurs, c’était le marchaud d’encreavec son barillet sous le bras : « Fine ivriiing infc, gentlemen ! » belle encre à écrire, Messieurs;et parmi les cris adressés aux femmes : « Prettypins,pretty women! » jolies épingles, belles dames !a Paris thread! » fil de Paris! « Velvet and taffety ! » velours et taffetas!

Non seulement les rues étaient un bazar pour la vente, mais elles étaient encore autant d’ate-liers où toutes les industries venaient librement s’exercer. Le rempailleur de chaises (old chairsto mend) s’installait à côté de John Cooper, le chaudronnier dont le nom générique veut direJean Cuivre. Le barbier et le pédicure étaient de la cohue, avec le chanteur de ballades, lejoueur de cornemuse, le rémouleur, etc.

Une des plus brillantes apparitions dans ce monde des rues fut celle de la marchande d’o-ranges dont Ben Jonson et Marston ont laissé des portraits ravissants. Celles qui vendirentles premières oranges que sir Walter Raleigh de retour de ses voyages fit connaître à sa patrie,portaient un justaucorps de drap noir, des manches bouffantes d’une éclatante blancheur, unchapeau de paille rond et à larges bords ; leurs cheveux emprisonnés dans une résille étaientrejetés derrière la tête, tandis que leurs pieds, chaussés de mules à la poulaine avec talonsélevés, étaient à demi cachés sous leurs amples jupons écarlates. Leur cri était une douce can-tilène :

Fair lemons and oranges.Oranges and citrons !

Belles oranges , beaux limons !Belles oranges, beaux citrons!