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Tome VI.
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Sous le règne d’Élisabeth, les autorités de la ville s’avisèrent de déclarer que les rues et lesplaces de la cité avaient été faites pour la circulation, et non pour les vendeurs et les étalagistes.Ce n’était point prêcher dans le désert, loin de là, mais ce fut à peu près tout comme. A l’é-poque de Charles I er , les mêmes autorités avaient beau dénoncer les marchands colporteurscomme une race malfaisante et hargneuse, le désordre habituel de la rue, qui était dans lesmœurs, continuait comme devant. Ce ne fut qu’en 1694 qu’on osa sévir contre les colporteurs ;les boutiquiers en étaient si passionnément jaloux qu’ils les firent assimiler aux voleurs et auxmendiants valides. Ces mesures rigoureuses étaient prématurées ; les magasins se trouvaientencore si mal assortis que l’on ne pouvait réellement se passer des marchands ambulants, et lesofficiers de police composèrent d’autant plus facilement avec les colporteurs, que la guerre quileur était faite était trop excessive.

Ce ne fut donc qu’avec le temps, et au fur et à mesure de la richesse et de la variété desassortiments des boutiquiers, que s’éteignirent les cris des brocanteurs, des colporteurs, desartisans ambulants.

Le « Old clothes ! » (vieux habits) le « old cloalcs, suits, or coats ! » poussé en une seule notede poitrine, un seul cri caverneux, prolongé indéfiniment par un matois à la marche oblique,ne perdant rien de ce qui se passe autour de lui en paraissant sommeiller, devait survivre à peuprès seul comme le véritable écho de ces vieux temps, où circulaient les pauvres hères, toutcourbés sous le poids de sacs gros et noirs, et allant de porte en porte : « Small coals ! y> Petitscharbons! braisette; alors que le charbon ne se vendait qu’un denier le sac à Paris, que lalivre de bœuf ou de porc ne valait qu’un demi-sou à Londres, et le veau trois liards, alors qu’onentendait crier : cc L'eau pour le pain! Les fagots pour le pain! et qu’en somme, la monnaied’argent était encore si rare que le vendeur ambulant criait pour proposer de simples échan-ges : « L’aiguille pour h vieuxfer ? » et « olcl shoesfor some broom ! » des balais pour de vieux sou-liers !

Tour à tour disparurent le vendeur de bois à la bûche avec son compagnon « Wood to cleave, »le fendeur de bois. Et le porteur d’eau, Fresh ivater, maid! avec ses bidons, ses seaux et sesbrocs. Mais on eut à subir le strident Bank! Bank! ou Cross! Cross! des cochers de fiacreou des conducteurs d’omnibus ; puis, ce furent des cris de plus en plus discrets, les plus douxdu monde : « Clean your honour’s shoes? » Faites cirer vos souliers, mes seigneurs! disaitd’une voix contenue l’humble décrotteur des rues, le shoesblaclc. Ah ! comme on était loin del’animation bruyante de la rue, alors que la nourriture étant simple, et les petits bourgeoisne faisant presque pas de cuisine chez eux à cause de la cherté du combustible, on entendaitde toutes parts : « Hot méat! » Viande chaude! « Ribs of beef bothfat and fine! » Côtelettes debœuf grasses et bien apprêtées! « Hot sheep’s feet! » Pieds de mouton chauds! et la Limande àTailie, des jours maigres; le barley-broth ! le brouet Forge; les hot peascods! les pois en cossetout bouillants.

Que devait-ce être quand à ce tapage journalier, habituel, venait se joindre celui de la veille