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Tome VI.
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AO

ANGLETERRE

LES MOYENS DE LOCOMOTION DANS L’INTÉRIEUR DU PAYS AU COMMEN-CEMENT DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.

LES BARRIÈRES DES ROUTES.

IV. H. Pyne est un de ces portraitistes des choses de leur pays, dont les travaux laissentde leur époque une image d’autant plus intéressante que les temps sont plus changés. Exercéà dessiner tout ce qu’il pouvait voir, les gens et les choses, les instruments de travail, leschantiers, les habitations, le matériel de la navigation, les chariots avec leurs attelages, en unmot, tout ce qui touche à la vie de plein air, Pyne a pu sans exagération mettre en tête deson tracé pittoresque des arts, de T agriculture, des manufactures, etc., de la Grande Bretagne,(recueil de 600 groupes publié en 1808 et devenu rare) le nom de Microcosme, ou monde enabrégé, dont il a fait son titre principal. .

C’est à ce Microcosme que nous empruntons les sujets de notre planche. -

Barrières. Chaque village en Angleterre, dit le voyageur français en 1776, a une barrièrequi se ferme devant chaque voiture, et l’on paie suivant le nombre des chevaux qui formentl’attelage. L’argent est employé à la réparation du chemin. Il n’est ni rang, ni dignité àl’abri de ces péages, et le Roi lui-même y est soumis ; la barrière se fermerait devant soncarrosse, si ses officiers ne payaient d’avance. Ces barrières, légalement érigées en 1663, etdont la taxe, le toll-moneg, avait pour but de remettre en état toutes les routes affreuse-ment ruinées par les guerres civiles, furent d’un établissement si difficile, rencontrèrent unesprit d’opposition tel, la résistance allant jusqu’à la sédition de la population des campa-gnes et des basses classes des villes, que ce ne fut que vers le milieu du dix-huitième siècleque l’amélioration attendue de ce système fût généralement sensible et que les routes devinrentpassablement bonnes. Une fois les avantages reconnus, les plus acharnés adversaires de lataxe des barrières n’auraient plus consenti à se défaire de cette charge. Du temps de Pyne,il était devenu d’une malhonnêteté manifeste, « dont une personne honorable n’était pointcapable, » d’essayer à ne point payer la taxe. Seulement on retrouve encore un ressouvenirdu vieux levain du mécontentement qui s’était montré à l’origine, dans la manière dont on