parle au dix-neuvième siècle du toll-gatherer, du collecteur des routes, signalé comme étantd’une incivilité et d’une rudesse notoire. Cette rancune va jusqu’à mettre les percepteurssur la même ligne que les voleurs de grand chemin.
Carrosserie. Anglais pur sang, et duquel on doit entendre le mot art, inséré en tête deson microcosme, non dans le sens des arts libéraux, mais dans celui des arts mécaniques,Pyne s’intéressait naturellement aux progrès de la carrosserie ; et il a pris d’autant plus deplaisir à esquisser la physionomie de la chaise de poste, de la diligence, que les progrès ac-complis dès son époque, véritable sujet de satisfaction nationale, s’étaient réellement pro-duits avec une rapidité remarquable. Avant l’ère des routes de poste, c’est-à-dire quelquequarante ou cinquante ans auparavant, un gentilhomme du Herfortshire qui, comme lesautres gentilshommes possédait un attelage de six chevaux, mettait deux jours pour arriverà Londres. L’époque à la mode pour venir à la ville était alors en novembre. L’état de laroute était tel qu’il fallait s’arrêter fréquemment, que les six chevaux devenaient insuffisants,et que, la plupart du temps, on ajoutait des bœufs à l’attelage. On avait coutume pendantce trajet de déjeuner à Kuitsbridge, de dîner à Hounslow, et après de prodigieux effortsde souper à Staines. Or, Pyne voyait la malle-poste faire ce même voyage entre 8 heures et10 heures 1/4 du soir. Que met-on aujourd'hui sur la voie ferrée ? En l’année 1754 on an-nonçait une diligence; et l’avertissement marquait que « si incroyable que cela pouvait pa-raître, elle arriverait certainement à Londres en quatre journées et demie apres avoir quittéManchester. » Le progrès était tel au commencement du siècle que ce trajet se faisait entrente heures. Le rapide dévore aujourd’hui ces 185 milles en quatre heures.
Les n 08 1 et 8 offrent des exemples du tilbury rus-tique occupé par deux hommes, et de la charrette,du maraîcher, avec sa couverture en cerceau, arrê-tés l’un et l’autre à la barrière pour acquitter lepéage. Le n° 3 montre que le cavalier paye aussile droit de passage.
Le n° 4 est un grand panier suspendu, monté surquatre roues espacées, et dont l’attelage de deuxchevaux est mené par un postillon ; c’est une voi-ture de promenade ou de courtes excursions du ca-ractère de la « caravane » qu’en Angleterre on ap-pelle encore le « sociable. » La diligence , n° 2, estattelée de quatre chevaux menés à grandes guides ;sur son impériale se trouve une voyageuse assise,sans que rien la préserve, ni contre les intempéries,
ni contre les chances d’une chute.
N° 5. On procède au chargement d’une chaise de poste;les ressorts de la suspension de la caisse sont d’uneforme qui marque leur temps ; on conservait encorela flèche qui liait les deux trains d’essieux, et parlaquelle s’opérait toute la traction. Le n° 7 offrel’exemple de la chaise de poste, précédée d’un out-rider , et acquittant le droit de passage. Enfin lepetit groupe, n° 6, montre deux chevaux conduits parun homme, et chargés de la craie extraite des car-rières ou fosses, chalk-pits , du comté de Kent, donton sert pour l’amélioration de la terre , ou quel’on cuit dans des fours pour faire de la chaux ;transport qui ne se fait plus aujourd’hui qu’aumoyen de wagons.
Voir pour le texte ; Le Microcosme, tracé pittoresque des arts, de l’agriculture, des manufac-tures, etc., de la Grande-Bretagne, eaux-fortes par W. JL. Pyne, texte par C. Gray. Londres,1808. — Tableau actuel des coutumes, mœurs et usages de la nation anglaise, Paris, anXI. —Des voitures, de leur construction et de leur usage, Revue britannique, mars 1842.