Band 
Tome VI.
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sont là, particulièrement poissonneux ; c’est sur ce fond qu’il faut examiner la blonde Unter-waldnaise, son corsage clos, sa cravate en carcan qui en complètent la fermeture. Ceci estaffaire de climat; ce qui dépend du goût c’est la décoration de ce corset qui est toujours decouleurs avoisinées, formant concert; souvent vert et rouge par devant, il est toujours noirpar derrière. Les chaînettes qui se croisent sur ce corset sont en filigrane d’argent; quant àla chevelure, elle est d’ordinaire nattée et mêlée de rubans blancs. Par-dessus on met parfoisun petit bonnet de dentelle. (Yoir pour le surplus ce qui concerne l’Unterwaldnaise, pl. Suisse,ayant pour signe le Lit ; on doit aussi s’y reporter pour la plupart des costumes présents).

Canton de Saint-Gall, n° 2. — Cet autre canton allemand, dont le chef-lieu a un commercetrès actif de draps, de flanelles, de tissages divers, tient de ses blanchisseries une physiono-mie particulière ; c’est une contrée tapissée de la percale et de la mousseline qu’on y étendsur le gazon pour la faire blanchir. La broderie occupe là beaucoup de bras, et les habitantssont dans l’aisance.

La jupe longue de notre costume indique les travaux sédentaires. Le corset si dégagé con-vient à la nature des travaux; le joli et mignon bonnet est un caprice qui révèle bien l’ou-vrière vivant de travaux de goût ; les couleurs tendres de l’habillement, et le réveillon duruban de velours noir et du fichu rouge doivent être en bon rapport avec la blancheur facticedes champs. Les montagnes, dans ce canton, ne sont qu’à l’horizon.

Canton de Berne, n 03 3 et 7. — Ce canton, pittoresque par excellence, qui offre lescontrastes les plus saisissants, nous procure deux exemples fort différents l’un de l’autre.La jupe si courte portée par notre n° 7, est une de ces nécessités locales qui s’expliquentfacilement, les femmes des pays de montagne ayant besoin de monter et de descendre sanss’occuper de leur vêtement. Disons, au sujet des bas que ces jupons découvrent, que la subs-titution des bas blancs aux bas de couleurs foncées, rouges, bleus, brodés aux coins, portés ja-dis, est aujourd’hui générale. Quant à l’usage de la jupe courte dans la ville même de Berne,lorsqu’on sait que pour aller de la ville basse, de la plate-forme de la cathédrale à l’Aare quien baigne le pied, il n’y a pas moins de cent quatre-vingt-cinq marches à descendre, il estsuffisamment justifié. La blancheur du linge des Bernoises est célèbre. Leur costume est, engénéral, joli, de bon goût. Toutefois celui des femmes de l’Oberhassli, qui se grossissent leshanches, laisse à désirer. Notre n° 7 est un peu de celles-là. Le n° 3, provenant de Simmen-thal, est d’un caractère tout différent. L’Oberland bernois est plein des beautés sévères desroches noirâtres qui supportent les glaciers et les neiges; au milieu de ces beautés impo-santes, la vallée est délicieuse comme un Éden. Simmenthal lui-même, adossé à une chaîne demontagnes, composé de maisons vieilles pour la plupart, et dont le lac est la rivière sont do-minés par les tourelles de son vieux château, ajoute à l’originalité de ce spectacle. Les fillesde Simmenthal sont des plus jolies ; leur costume discret est en parfaite harmonie avec leurattitude modeste. Le corsage fermé, coupé à l’italienne, est en soie noire et bordé d’un largevelours, une chemise très blanche, montant haut, couvre la poitrine; un fichu uni, dont les