bouts se perdent sous le corsage, complète l’aspect pudique de cette partie de la toilette;les manches fermées, de vieux style, sont à gigot à la hauteur des coudes ; souvent le cou estpris dans une cravate de velours, où sont attachées des chaînes en argent qui descendent surla poitrine et s’attachent à la ceinture. La coiffure se compose d’une coiffe de satin noirtrès petite, posée en arrière, sur le haut de la tête, qui s’additionne de magnifiques dentellesnoires couvrant les cheveux et encadrant le visage de la manière la plus heureuse ; une jupenoire, bordée en couleur, un tablier pris sous le corsage, des bas blancs et le petit soulier,complètent le costume de l’Oberlandaise de Simmenthal, que l’on voit ici se rendant à lamesse. Le costume bernois est, entre tous, celui qui s’est conservé le plus complètement.
Canton du Valais, n° 4. — Ce pays des vallées, comme son nom l’indique, a été célébré parRousseau d’une manière qui dispense de toute description. Il ne se plaindrait plus aujourd’huique le corps des robes des Valaisanes les fasse paraître bossues. Leur beauté, qu’il vante,s’est accommodée en grande partie du costume français. La mode a enlevé les chaînes, lesbracelets, les bagues, les dentelles, qui se perpétuaient dans les familles, transmis des mèresaux filles. Du costume national il ne reste guère que le chapeau, qui a résisté à toutes lesinvasions. A voir le tour du cou, le léger fichu à fleurs noué sur le haut de la poitrine, lesdemi-manches terminées en larges engageantes, l’éventail, il semble que ces éléments de latoilette soient encore un legs de M m0 de Warens.
Canton de Zurich, n° 5. — Relativement aux contrées les plus montagneuses de la Suisse,cette contrée est un pays de collines, au devant duquel s’étend le panorama de l’Utliberg,embrassant toute la chaîne des Alpes, depuis les montagnes du canton d’Appenzell jus-qu’à celles du canton de Berne, le lac de Zurich, la vallée de la Limmat, l’Argovie, la Thur-govie, le Jura, et, par-dessus le Ballon d’Alsace, les plus hauts sommets des Vosges; enfin leFeldberg et le Bœlchen, dans la forêt Noire ; et d’autres encore, jusque dans la Souabe. Avecce spectacle sous les yeux, les Zurichois sont des fleuristes dans le genre des Hollandais. Lesfleurs sont de toutes leurs fêtes, et parmi les mœurs pures des vieux âges conservées dans lalocalité, se trouve un trait charmant ; c’est toujours la plus jeune et la plus jolie servante dela maison, parée de ses plus beaux habits et portant un énorme bouquet, que l’on charge del’annonce de la venue du nouveau-né. Le costume mi-parti sévère, mi-parti gai de la Zuri-choise nous paraît parfaitement en rapport avec le milieu où elle vit.
Canton de Zug, n° 6. — Ce canton agricole, le plus petit de la Suisse, en est un des plùëcharmants. On aime là les fleurs comme à Zurich; à Zug le cimetière est un bosquet entre-coupé de parterres et chaque tombe est fleurie. L’alerte et plantureuse fille de la contrée em-prunte à son entourage immédiat sa toilette de fleurs des champs : aux marguerites le plisséde son col à l’aise, aux coquelicots la couleur éclatante de son corsage, sans en oublier lémilieu noir, aux bluets les tours tendres de son tablier ; sa tête même est ornée en corollerayonnante.
Canton de Lucerne, n° 8. — Encore une des contrées où les montagnes n’atteignent pas la