région des neiges, et dont les occupations et le fond sont de même nature que ce qu’on vientde voir ; encore une fleur des champs dont le costume a naturellement beaucoup de rapportavec celui de sa voisine.
Eaoul-Eochette a peint la Lucernoise en 1819; cette description est utile parce qu’on yvoit les modifications que le costume a subies depuis ce temps.
Il commence par dire que ce n’est qu’à Lucerne que le costume suisse atteint toute la per-fection dont il est susceptible, et puis il montre une jupe qui descend à peine jusqu’au genou,laissant à découvert le bas rouge d’une jambe ordinairement fort jolie... Cette jupe de cou-leur éclatante, se rattachant à un corset d’une forme simple et agréable, chargé quelquefois,avec profusion, d’ornements en broderies, ou même de petits bijoux attachés par des chaînesd’argent,... un large chapeau de paille couvert de fleurs artificielles et de rubans des plus vi-ves couleurs,... de longues tresses de beaux cheveux, qui flottent et descendent jusqu’aux ta-lons,... tel est l’ensemble de ce costume qui, lorsque toute ces femmes, pour la plupart d’unephysionomie animée et d’un coloris vif et éclatant, sont réunies et pressées dans un vasteespace, offre véritablement, sans exagération, comme sans comparaison fade, l’image d’unparterre émaillé de fleurs...
Canton de Bâle, n° 9. — Si l’influence des milieux sur le costume des femmes en Suisse avaitbesoin d’une nouvelle preuve, rien n’y serait plus propre que le contraste offert par ce quel’on voit à Bâle. Le jupon court s’explique là comme à Berne ; le Ehin partage la ville endeux parties de niveau très inégal, de la ville, proprement dite au petit Bâle, toutes lesrues sont des échelles. Quant à son aspect intérieur, voici ce qu’en dit Emile Souvestre : « Lapremière chose qui frappe en entrant à Bâle, c’est l’expression de tristesse et de solitude em-preinte partout... Tout est mort, désert, on dirait une ville à louer, » et il constate qu’au bruitd’une voiture, c on tire les volets, on ferme les portes, les femmes se cachent. Tout est d’unepropreté extrême... C’est là que la femme qui ne se montre pas use de l’espion, du miroir fixéau dehors par des verges de fer, qui lui permet de tout voir dans la rue en évitant le désa-grément d’être aperçue... N’est-il pas comique que le costume bien ordonné des habitantsn’offre cependant ni grâce, ni gaieté. De prime saut, parmi nos neuf figures, et malgré la jeu-nesse de celle-ci, qui ne dirait après de semblables prémisses : voilà la Bâloise ? »
D’apres des documents photographiques dus en grande partie à MM. Braun et G‘ ede Dornach, et les aquarelles de M. J. Bastinos.
{Voir, pour le texte : La Suisse,par M. P. de Oolbéry, Univers pittoresque; Voyage en Suisse,par Simond; Lettres sur la Suisse 1819, 1820, 1821, par Raoul Rochette; Descriptiondes vingt-deux cantons de la Suisse, par G. V. de Sommerlatt, Berne, 1840; La Suisse,par MM. J. Gourdault et Ad. Joanne. )