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Tome VI.
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tuellement la main ; avec un col droit, ou couvrant amplement les épaules. Fait en drap, envelours et en satin, ce pardessus était orné de brandebourgs, et quelquefois bordé d’or et garnide perles. Les princes et les boïars (ou nobles, dérivé du mot lai, bataille) portaient de hautsbonnets soit entièrement en fourrure, renard ou zibeline noire, soit en velours brodé d’oret garni d’une large bande de fourrure. Les bottes, en usage chez les Russes depuis ledixième siècle, étaient d’ordinaire en maroquin de couleur, avec des bouts droits terminés enpointe, ou recourbés à la manière turque. Elles montaient au-dessous du genou, et les tigesservaient souvent d’abri à un coutelas. Les semelles étaient garnies de petits clous, et le talonétait pourvu d’une demi-lune en acier, cuivre ou argent. Les tiges se faisaient aussi en velours,en satin, en chevreau, avec broderies et pierreries chez les riches. Les bottes à la mode tartarese distinguaient par des tiges très courtes. Les anciens Russes portaient habituellement lescheveux longs, mais les boïars vivant à la cour les faisaient couper par coquetterie ; toutefois,celui qui tombait en disgrâce les laissait croître et ne les peignait point en signe de désespoir.

Le costume des femmes était presque pareil à celui des hommes, seulement il avait plusd’ampleur. Les manches des chemises étaient étroites, mais extrêmement longues, de façon àformer de larges plis sur les bras. Elles portaient rarement le caftan et jamais de col. Le vête-ment long était agrémenté sur la poitrine de cordelières et de nombreux boutons. La mancheétait souvent ouverte en dessous, pour laisser passer le bras. Elles se coiffaient de larges bonnets,en satin, en damas ou en drap d’or, et garnis de fourrure ; les bonnets des filles adultes étaientélevés et en fourrure de renard. Sous leur bonnet, les femmes mariées relevaient les che-veux sur le sommet de la tête ; chez les filles ils couvraient la moitié du front et pendaient parderrière en longues tresses terminées par des touffes de rubans rouges. La chaussure féminineconsistait en bottes ou en souliers ; les filles portaient des talons très hauts, ornés de petits clous,lie sexe féminin se fardait à outrance, de blanc et de rouge, et se peignait les cils et les sour-cils.

Passons maintenant aux particularités de nos deux planches par ordre des dates.

Dans la sacristie de l’église de la Trinité, à Sierguievsk, on conserve le caftan ou le ferez dufameux despote Ivan IY (n° 22). Il est en gros-de-Tours, couleur de paille, doublé en étoffede coton bleu bordé de taffetas blanc. Le col, à la tartare, est droit et étroit. Le vêtement estsoutaché dans toute sa longueur en raies verticales, et sur les manches en raies horizontales.Sur le devant il est pourvu de cordons de soie avec glands au moyen desquels on fermait l’habit.

Boris Godounov (n° 15) est vêtu d’une sorte de sarrau court, appelé demi-caftan, avec desmanches longues, en soie verte, fermé au moyen de brandebourgs. Par-dessus est un ferez long,également en soie, avec des manches courtes, serré à la taille avec une ceinture persane.

Le vêtement du matin en été d’un boïar du dix-septième siècle (n 11 4) est une sorte de fe-rez, en soie, bordé en or. Son bonnet est en soie rouge brodée d’or (notre lithographe a commisà cet égard une erreur dans la coloration), et doublé de castor. Il est tout rond, piqué, et tailléde façon à couvrir la nuque et les joues.