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Tome VI.
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cause, en dehors des origines, les nécessités climatériques, la pénurie ou la richesse des po-pulations, les conditions de leur existence, la nature de leurs travaux, c’est à signaler leurl'apport avec le costume porté que nous nous appliquerons principalement.

Le costume des femmes de Torjok tient de traditions éloignées en ce que la robe ouverteaux entournures pour laisser passer des manches de lingerie, étoffées et fermées au poignet,est la robe droite, d’origine asiatique, qu’ici on porte avec une ceinture. Le linge exhibéaux manches est une bmverie qui remonte aussi assez haut; « elles sont tellement empe-« sées et polies avec une pierre à cet effet, dit Yecellio, qu’elles deviennent très brillantes,« et ressemblent à du papier plutôt qu’à de la toile. » Le grand voile transparent portépar la femme n° 7, qui en est entièrement enveloppée, serait, au dire du voyageur anglais Carr,un moustiquaire; le fait est à remarquer dans un tel climat et nécessite une explication. Lesmouches conservent dans le Nord une plus longue existence que dans les régions plus tem-pérées de l'Europe, en raison de l’usage des poêles ; lorsque l’été y fond tout à coup, sansavant-coureurs au mois de juin, et que les mouches sont réveillées de la torpeur où elles étaientplongées pendant la saison de la chaleur artificielle, elles deviennent un véritable supplice.On est donc obligé de porter le moustiquaire et même faut-il se garder de lui laisser au-cune ouverture. C’est un appareil spécial : la tête est couverte d’une sorte d’entonnoir ren-versé, dont les bords élargis permettent l’isolement du visage; le voile tombe du sommet élevéauquel il est attaché ; on brode la gaze avec de légers bouquets semés en quinconce dans deslignes sinueuses. Cette broderie et la bordure en soies métalliques ont pour principal objet latension du tissu dont leur poids empêche l’adhérence. L’emploi de ce voile est gênant : ondoit s’en dispenser avec d’autant plus de plaisir qu’il est de coutume do se saluer entre lesdeux sexes en s’embrassant sur les deux joues.

De Recliberg dit de ce costume en général que la robe longue, ouverte par devant, est bou-tonnée avec des boutons de métal; que les femmes des marchands et des paysans un peu for-tunés portent une espèce de mantelet et couvrent leur tête d’un bonnet appelé tchepetz,brodé d’or ou d’argent, quelquefois d’une dentelle ou d’un réseau de petites perles fines ; qued’autres n’ont qu’un simple bonnet sous lequel sont cachés les cheveux; que certaines recou-vrent le bonnet d’une espèce de châle (à Torjok il est de toile ou de soie) qui tombe sur ledos et sur les épaules; enfin, qu’en général les filles ne portent le plus souvent qu’un simplebandeau. Après la cérémonie du mariage, et avant de quitter l’église, la swalcha ou prombet,celle qui assiste l’épousée, lui ôte sa coiffe de fille pour lui mettre celle des femmes. Elles ontdes colliers, des boucles d’oreille et des bracelets. Les souliers de cuir sont bordés de drap etsouvent enjolivés de broderies en soie d’or ou d’argent.

Tver est un pays essentiellement agricole „ Aussi ses paysannes ont elles des robes écour-tées en étoffes grossières. Sauf le n° 4, qui a la robe sans taille avec une ceinture et les man-ches de lingerie, base du costume national, les autres s’éloignent tout à fait du typegénéral.